Rechercher sur le site

Confirmation de l’abandon du projet hôtelier au 48 Ramponeau : maintenant place à la concertation

Intervention de Raphaëlle Primet

J’interviens sur cette délibération pour dire notre satisfaction de la prise en compte par le dispositif "Vital Quartier" de la mobilisation citoyenne autour de l’avenir de la parcelle du 48 Ramponeau, puisqu’elle acte l’abandon du projet hôtelier du promoteur. Je vous le rappelle : c’est sur cette parcelle du quartier de Belleville que se trouve la métallerie Grésillon, l’une des dernières de Paris, et en tout cas, la dernière de Belleville, dans ce quartier qui a longtemps été le cœur ouvrier de Paris.

Rachetée en 2005 par la S.E.M.A.-EST afin de maintenir cette activité économique menacée, la parcelle du 48 Ramponeau avait donc fait l’objet d’une promesse de vente à un promoteur privé, qui devait se charger de faire partir l’entreprise "Grésillon" et l’un des artistes de la cour avant de démolir le bâtiment et d’y construire son hôtel "low cost", projet qui avait soulevé l’indignation, comme vous le savez, d’habitants, d’associations et d’élus, dont je fais partie.

Cette vente aurait été le symbole de la disparition des activités de fabrication à l’intérieur de Paris. Ce projet d’hôtel aurait remis en cause le fragile équilibre qui fait de Belleville ce qu’il est, c’est-à-dire un quartier remarquable pour sa mixité, tant d’un point de vue social que fonctionnel. Belleville est un creuset dans lequel les activités économiques de toutes sortes cohabitent avec les résidences, qu’elles soient privées ou sociales.

Nous nous sommes opposés à ce projet d’hôtel, car nous pensons que cette vente serait allée à l’encontre de la mission initiale que la Ville avait confiée à la S.E.M.A.-EST, c’est-à-dire le maintien de ses activités et la lutte contre la mono-activité.
Nous n’avons pas lancé Vital Quartier pour accompagner la gentrification de Paris, bien au contraire, et c’est pourtant ce que s’apprêtait à faire la S.E.M.A.-EST. Nous avons vu des quartiers entiers de la Capitale, ainsi que ceux d’autres grandes villes occidentales, perdre leur identité sous l’effet de cette gentrification, de cette homogénéisation qui fait que peu à peu, artisans et activités sont remplacés par des logements, des lofts, des hôtels. Nous pensons donc que notre travail doit chercher à contrer ces dynamiques, plutôt que de les encourager.

Les délais supplémentaires donnés par l’arrêt de la vente au promoteur doivent maintenant s’accompagner du lancement de la concertation. Les habitants ont beaucoup réfléchi, collectivement, et sont à même de faire des propositions constructives pour l’avenir du lieu. Il faut travailler et avancer sur le contenu du projet avec les acteurs, sans plus tarder, acteurs économiques et associatifs du quartier, et aussi sur la forme, avec plusieurs options urbaines qui doivent par ailleurs respecter l’esthétique du quartier, comme nous l’avions précisé dans le vœu adopté à ce même Conseil.

Ce travail avec les habitants peut parfois paraître long, mais il permet que le projet soit partagé et compris. Cela participe de cette nouvelle façon de faire de la politique que tant attendent, comme nous l’ont montré les résultats des dernières régionales.

Je vous remercie.

Publié le

16 décembre 2015

Auteur-e-s