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Un emploi de qualité pour chacun-e

Si le logement est la première priorité des Parisiens, l’emploi est la première inquiétude des Français. Paris est au cœur de la crise. Fin juillet, 185 790 parisiens étaient à la recherche d’un emploi, soit 3020 de plus que fin juin et un bond de 6,6 % en un an. Et on dénombrait officiellement dans la capitale 84 620 personnes au chômage depuis plus de un an, tandis que plus d’un tiers (34%) des emplois offerts par Pôle emploi aux parisiens qui en sont privés sont de moins de 6 mois ! En outre, le développement économique, dans notre ville, souffre lui aussi de la spéculation immobilière. Les commerces de proximité, les petites entreprises sont victimes de la flambée des prix de l’immobilier. Un rapport du Ministère de l’Economie et des Finances publié en décembre 2012 pointait ainsi le niveau des prix de l’immobilier comme l’une des causes majeures des problèmes de compétitivité des entreprises françaises. Par ailleurs, nombre de PME et TPE sont confrontées à des difficultés de trésorerie et se trouvent dans l’impossibilité d’investir ou d’embaucher compte tenu de la raréfaction du crédit. Face à cette situation, la Ville de Paris peut agir. En tant qu’employeur, elle doit d’abord se montrer exemplaire dans sa gestion du personnel municipal, en mettant fin à la précarité et en améliorant les conditions de travail de ceux qui font vivre le service public. Elle peut faciliter l’installation d’entreprises par sa politique foncière. Elle peut enfin utiliser les leviers dont elle dispose (appels d’offres, aides diverses aux entreprises) pour promouvoir un emploi de qualité pour chacune et chacun.

(29) Mieux encadrer les aides aux entreprises sur la base de critères sociaux mais également environnementaux. Plus de 1000 entreprises sont soutenues chaque année par la Ville de Paris : aides financières (garanties financières, prêts), aides à l’implantation d’entreprises étrangères, hébergement par le biais des incubateurs et des pépinières. Nous proposons de mieux encadrer et conditionner ces aides pour veiller à ce qu’elles débouchent effectivement sur des créations d’emplois stables. Nous préconisons à cette fin la création d’un comité pluraliste réunissant élus et syndicats qui aura pour tâche de contrôler l’usage qui en est fait.

(30) Effectuer un inventaire systématique fin des besoins immédiats et prévisionnels d’emploi et de formation des parisien-ne-s. Il servirait de base à la tenue d’une conférence annuelle de sécurisation de l’emploi et de la formation à Paris réunissant les représentants des salariés (CE, syndicats..), les associations, les élus, les représentants des employeurs, ceux du système bancaire et financier, les représentants de l’État. Cette conférence serait chargée d’élaborer un objectif chiffré annuel de créations et/ou transformations d’emplois à réaliser, avec les moyens financiers nécessaires, permettant de faire reculer en pratique et durablement le chômage et la précarité.
(31) Intervenir auprès de la Région afin que soit créé un Fonds régional pour l’emploi et la formation (FREF), doté à partir d’un redéploiement des aides régionales aux entreprises et susceptible d’être saisi par les acteurs de terrain. ce Fonds servirait, par bonifications incitatives, à mobiliser le crédit bancaire pour financer les investissements des entreprises de façon à ce que ceux-ci programment plus d’emplois et de formations correctement rémunérés. Ce FREF serait le partenaire financier de la réalisation des objectifs chiffrés annuels décidés par la conférence de sécurisation de l’emploi et de la formation.

(32) Mieux aider les Parisiennes et Parisiens privés d’emploi. Les services municipaux dédiés à l’emploi doivent être renforcés. Nous proposons notamment que les Maisons des Entreprises et de l’Emploi soient dotées de moyens supplémentaires. De même, la Ville devra se mobiliser pour empêcher les regroupements à marche forcée des antennes de Pôle Emploi qui dégradent considérablement les conditions d’accueil des chômeurs dans notre ville.

(33) Conforter et renforcer la clause sociale qui contraint des entreprises à embaucher des personnes éloignées de l’emploi. Pour les personnes en difficulté, il s’agit souvent d’une réintégration sociale autant que professionnelle. Nous proposons également de mettre en place une charte d’engagement avec les entreprises qui participent aux Forums pour l’Emploi. Depuis plusieurs années, la Ville de Paris organise ces événements qui mettent en relation entreprises et demandeurs d’emploi. Nous proposons que les entreprises participantes s’engagent à faire le choix de l’emploi stable et convenablement rémunéré.

(34) Dans les pépinières d’entreprises, réserver une place à l’Économie Sociale et Solidaire. Le vent en poupe, elle répond à la fois à une demande forte des usagers et des consommateurs, mais également à des préoccupations éthiques et durables. Dans les pépinières financées par la Ville, nous demandons qu’un quota soit réservé aux entreprises de ce secteur.

(35) Soutenir le développement des Fab labs. Il s’agit de laboratoires de fabrication partagés et mutualisés. Originaires des Etats-Unis, des Fab labs existent aux Pays-Bas, en Espagne, en Grande-Bretagne. Ils démocratisent un ensemble de machines et de logiciels afin de fabriquer de nouveaux produits, de développer des technologies à coût presque nul. Il s’agit d’un espace collaboratif et de rencontre pour des informaticiens, des bricoleurs, des designers, des inventeurs, des électroniciens – et bien d’autres. Sur le modèle d’un laboratoire de recherche universitaire, ce sont des plates-formes d’innovation pour tous.

(36) Soutenir le développement des petits entreprises qui œuvrent dans tous les domaines culturels (théâtre, danse, arts plastiques, musiques, arts de la rue, cirque, cinéma et audiovisuels indépendants, petits éditeurs, diffusion culturelle, etc.) qui engageront des emplois culturels de qualité et participeront à la mise en place d’un tissus culturel de proximité indispensable.

(37) Refuser l’extension du travail dominical, réclamée par une partie du patronat parisien, qui dégraderait considérablement les conditions de travail des salariés du commerce. Aucune nouvelle zone touristique ne doit être crée.

Publié le

23 mai 2014