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Question d’actualité du 27 septembre 2010 sur les aires destinées à l’accueil des gens du voyage

Question d’actualité de Ian Brossat au Maire de Paris relative aux aires destinées à l’accueil des gens du voyage en séance du Conseil de Paris du 27 septembre 2010.

Monsieur le Maire,

En juin 2009, le Conseil de Paris a débattu et voté l’établissement de trois aires d’accueil pour les gens du voyage : une première dans le 15e arrondissement, une deuxième dans le Bois de Vincennes, dans le 12e, une troisième dans le 16e arrondissement, dans le Bois de Boulogne.

A cette occasion, les élus de l’opposition n’avaient pas hésité à tenir des propos particulièrement discriminatoires, laissant entendre que les gens du voyage allaient provoquer, selon les mots du maire du 16e, "une animation intéressante" s’ils étaient à proximité du Bois de Boulogne. Renchérissant sur cette rhétorique caricaturale, M. Lellouche, qui n’était pas encore ministre, avait dénoncé des personnes qui "la nuit, ressortent des bouches d’égout leurs effets personnels (matelas, couvertures, voire postes de télévision) et s’installent sur le trottoir". Il établissait du reste un parallèle pour le moins surprenant avec "un encombrant ou une poubelle déposée avant l’heure du ramassage".

Ces propos ont été suivis d’une série de manœuvres dilatoires de la part de la droite et du Gouvernement. Ainsi, l’U.M.P. parisienne en a-t-elle appelé au ministre de l’Intérieur pour demander une enquête de sûreté et de sécurité publique suite à l’hypothèse de nouvelles aires dédiées aux gens du voyage. De même, le ministère de l’Ecologie s’est-il inquiété de la préservation des sites forestiers, tandis que le ministre de la Défense reprenait les mêmes arguments que le maire du 15e arrondissement et insistait sur la proximité de l’aire du 15e arrondissement avec le futur pentagone à la française.

Plus grave encore, nous en arrivons à nous demander si la Préfecture de région ne contribue pas, paradoxalement, à retarder l’application de la loi de 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage. En effet, depuis deux ans, la commission consultative des gens du voyage, qui rassemble la Préfecture, la Ville de Paris et les associations représentatives, n’a pas été réunie une seule fois. La Préfecture avance comme explication à cette absence de réunion la rareté du foncier et la superposition des protections du patrimoine qui rendent difficile, voire impossible, la création de ces aires dans Paris.

L’engagement de notre majorité de gauche est réel, il s’est manifesté en juin 2009 par le vote de cette délibération. Les aires en question sont inscrites dans notre Plan Local d’Urbanisme et ce sont près de 17 millions d’euros que nous voulons investir pour créer des aires d’accueil dignes.

Vous le savez, Monsieur le Maire, notre groupe souhaite, à présent, que ces aires voient le jour aussi rapidement que possible et nous aimerions, à ce titre, savoir notamment comment vous envisagez d’agir auprès du Préfet de région, afin que soit enfin réunie la commission consultative des gens du voyage.

Je vous remercie.

Publié le

1er décembre 2010

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