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Présence postale : pour un respect des usager-e-s et des élu-e-s

Alors que près de 30 bureaux de postes ont femé à Paris depuis 2014, Nicolas Bonnet avait demandé à ce qu’un débat sur le maillage territorial de la présence postale à Paris ait lieu.
Il s’est déroulé lors du Conseil de Paris de juillet.

Retrouvez son intervention

Mes chers collègues, pourquoi avons-nous demandé ce débat en Conseil de Paris, puisque ce n’est pas une compétence du Conseil de Paris ? Parce que nous sommes face à une situation inédite à Paris pour les Parisiens.

C’est la fermeture de près de 30 bureaux de poste depuis 2014, dont 3 bureaux situés en quartiers "politique de la ville" ou desservant, notamment dans le 18e arrondissement, Tristan Tzara. Dans le même temps, l’apparition de relais poste dans des supérettes, 17 en 2016, 24 aujourd’hui.

Cela, malgré l’opposition des Parisiennes et des Parisiens, des salariés de La Poste, des élus, des maires qui se sont mobilisés chaque fois devant les fermetures de bureau et qui aboutit d’ailleurs dans ce Conseil de Paris à de nombreux vœux et à plusieurs dizaines de milliers de pétitions signées notamment par les commerçants. A ce rythme-là, soit une moyenne de 10 bureaux fermés par an, en 2020, 60 bureaux de poste auraient disparu du paysage parisien, soit un tiers du maillage des bureaux de poste parisiens.

Nous avons eu ce débat en 1ère Commission avec une audition du directeur régional de La Poste, qui a malheureusement confirmé la stratégie de La Poste de diversification des points relais chez les commerçants en remplacement des bureaux de poste.

Des arguments sont avancés par La Poste, très contestables. Le premier argument serait la chute du courrier. Or le courrier est géré par les centres de tri et ne transitent pas par les bureaux de poste qui, eux, traitent majoritairement les recommandés et les colis dont les volumes sont en constante augmentation.
Deuxième argument : choc des taux d’intérêt, situation de crise économique. Or la situation financière du groupe de La Poste est positive avec un chiffre d’affaires en augmentation et des bénéfices qui ont augmenté de 33,6 %, soit 846 millions d’euros cette année.

Troisième argument avancé par La Poste : la satisfaction du service rendu par les relais poste chez les commerçants, dont nous connaissons les limites. La première chose qui a été abordée, c’est que le personnel principalement des caissières ou des caissiers sont en C.D.D., sont en situation précaire, employés par des enseignes qui dans certains cas ne respectent pas les règles élémentaires du Code du travail et qui ont été d’ailleurs condamnées.
Cela pose certaines problématiques, notamment celle de la confidentialité, qui est obligée chez le postier. Cela pose aussi une question fondamentale, celle du métier : ce n’est pas le même service rendu si ce n’est pas le même métier. Cela pose la question du rôle du lien social qu’a un agent de La Poste et que n’a pas forcément une caissière ou un caissier. Cela pose la question de l’unité des services publics sur un même lieu et notamment la question du service bancaire.

Pour toutes ces raisons, nous nous opposons à ce transfert du service public dans un secteur privé qui amène aussi une rupture d’égalité de service et qui nous interpelle sur la mission d’aménagement du territoire. Différentes postes sont ciblées aujourd’hui. Je pense à l’île Saint-Louis qui n’a plus aucun service public si La Poste ferme, je pense à Crimée, qui est quartier "politique de la ville" desservant et dans lequel nous avons de réelles problématiques d’accès bancaire, et je pense aussi au quartier Bercy également ciblé dans ce vœu, qui est aussi un réel problème et où règne un sentiment d’abandon du service public.

Ce vœu nous permet d’affirmer collectivement certains points clés et j’insiste là-dessus. D’abord, zéro fermeture des bureaux de poste actuellement menacés dans le 4e, dans le 12e, dans le 14e et dans 19e. Enfin, une volonté - je terminerai là-dessus - du respect des élus, du respect démocratique et du respect des usagers avec la volonté dans ce vœu que toute évolution du statut d’un bureau doit être faite en concertation avec les élus et les habitants.

Voilà, je vous remercie pour la présentation de ce vœu que nous voterons, bien évidemment.

Publié le

5 juillet 2017

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