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Pour une société qui s’adapte aux situations de handicap

A l’occasion du point d’étape sur la stratégie handicap de la ville de Paris, Hervé Bégué développe la vision du goupe pour une société s’adaptant aux personnes en situation de handicap. Il faut établir un accès aux soins ouvert à toutes et à tous, renforcer le droit du travail pour les personnes handicapées et augmenter les places d’hébergement.

Retrouvez son intervention.

Madame la Maire, cher.e.s collègues,

Nous avons une vision précise de ce qu’il est nécessaire de mettre en place pour une société s’adaptant aux personnes en situation de handicap. Il faut établir un accès aux soins ouvert à toutes et à tous, renforcer le droit du travail pour les personnes handicapées et augmenter les places d’hébergement.

Qui dit handicap physique ou mental ne dit pas forcément « maladie » ni « état de santé aggravée », ni « sur consommateur » de soins et de médicaments ou encore « espérance de vie limitée ». Il n’en existe pas moins que des formes de handicaps sont causées par la maladie. Des situations de handicaps qui nécessitent des soins réguliers et des traitements médicaux parfois de longue durée.

Pour nous, groupe communiste, cette communication va dans le bon sens.
Permettez-moi quelques remarques.

Tout d’abord, ce n’est pas de la responsabilité de Paris, je voudrai attirer l’attention de notre assemblée au sujet des personnes qui perçoivent l’AAH.

L’allocation d’autonomie aux adultes handicapés a pour objectif d’assurer l’autonomie financière des personnes atteintes d’un handicap. Or la base de calcul de cette allocation n’est pas liée à la personne mais au revenus perçus par le foyer fiscal. La personne en situation de handicap vivant en couple et dont les revenus de sa conjointe ou de son conjoint sont considérés comme trop élevés, devient financièrement dépendante de sa compagne ou compagnon.

Le groupe parlementaire communiste, à déposé plusieurs projets de loi visant à changer ce mode de calcul, répondant ainsi à la demande des associations de défense des personnes handicapées qui demandent à ce que l’on ne prenne plus en compte les revenus du conjoint ou de la conjointe.

Cette situation constitue une discrimination qui ne fait que s’aggraver. En effet, un grand nombre de bénéficiaires de l’AAH n’ont pas vu le montant de leur allocation revalorisée en novembre 2018. Si à cette période son montant est passé de 810 à 860 euros pour une personne seule, le plafond de ressource pour un couple est, lui, passé de 1620 à 1634 euros.
Résultat, ce sont environ 25% des bénéficiaires de l’AAH qui ne peuvent aujourd’hui plus prétendre à cette aide revalorisée.

L’emploi des personnes en situation de handicap est une catastrophe : la loi de 2005, toujours elle, oblige les entreprises privées de plus de 20 personnes à employer des personnes en situation de handicap à hauteur de 6 %. La loi est identique en ce qui concerne le secteur public. Nous sommes loin du compte ! En 2017 selon Alain Rochon, président des paralysés de France, « le constat est amer », le nombre de demandeurs d’emploi des personnes en situation de handicap ne cesse de progresser, seul 1/3 est dans l’emploi contre 2/3 pour les valides.

Dans le secteur privé le taux d’emploi des personnes en situation de handicap atteint péniblement les 3,5 % au lieu du quota de 6 %. Le secteur public fait un peu mieux avec un taux d’emploi d’environ 5,20 %.

Je me permets de souligner trois points qui, à mon sens, sont très important pour le bon accueil des personnes en situation de handicap à Paris.

Tout d’abord, Madame la Maire, vous avez fait des propositions pour la réglementation des trottinettes pour qu’il n’y en ait plus sur les trottoirs. Cependant à l’heure actuelle, il y a encore de nombreux endroit où celle-ci sont rangées de manière plus que hasardeuses. C’est un véritable problème pour les personnes en situation de handicap !
Comment peut se déplacer sereinement une personne en fauteuil ou encore mal voyante face à tant d’obstacles imprévus ? C’est une vraie difficulté. S’ajoute à cela le véritable slalom entre les dépôts sauvages d’encombrants et les terrasses de cafés qui débordent sur les trottoirs.

Ensuite, sur les questions de transports, j’ai entendu que Monsieur Grivaux s’était approprié le sujet du réseau de métro en souhaitant créer un espace d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Après cette annonce de La république en marche, j’aimerai simplement souligner que Monsieur Grivaux oublie de pointer la responsabilité du gouvernement, de la Région et des sociétés de transport.

Où en somme nous de l’accessibilité de l’ensemble des stations de bus ?

Enfin, un sujet d’importance, alors que le décompte macabre montre que 71 féminicides ont eu lieu depuis janvier, les collectifs féministes nous ont informé que 4 femmes handicapées sur 5 sont victimes de violence. Le 8 mars 2019, des associations ont rappelé ce tragique constat. Elles sont victimes des inégalités subies par les femmes en général et des préjugés qui collent aux personnes handicapées en particulier. Une double discrimination. Ce n’est pas normal, nous devons réagir et les soutenir. Je félicite le travail que font Hélène Bidard et Nicolas Nordmann sur ce sujet.

Pour terminer, je souhaiterai dire un mot sur la question de l’accès aux soins, il y a des efforts à faire, j’en veux pour preuve le manque de matériel adapté chez le gynécologue, par exemple. Ainsi, selon l’Institut de recherche et de documentation en santé (Irdes), une femme en situation de handicap sur trois n’est pas dépistée pour le cancer du col de l’utérus.

Cette communication va dans le bon sens, je le redis. Elle montre aussi que nous avons encore des chantiers pour l’avenir, c’est une première étape.

Je vous remercie !

Publié le

9 juillet 2019

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