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Plan Economie Circulaire : Relancer la fabrication à Paris

L’économie circulaire fait partie de notre projet politique, c’est une alternative au système capitaliste. L’humanité est réellement en danger si nous ne sortons pas rapidement de ce système mortifère et si nous n’agissons sur la production elle-même.
Nous voulons d’une ville qui fabrique, qui crée, qui invente et qui produit les richesses de demain.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,

Je voudrai vous confirmer le soutien du groupe communiste Front de gauche à ce plan d’économie circulaire de Paris et à la feuille de route qui fixe un cap et des objectifs d’ici 2020.

Il y a urgence à changer de modèle économique pour des raisons simples et vérifiables au quotidien : le réchauffement climatique, la pollution de l’air, des sols, de l’eau, l’épuisement des ressources naturelles, avec des conséquences indéniables sur la santé.

L’humanité est réellement en danger si nous ne sortons pas rapidement de ce système mortifère et si nous n’agissons sur la production elle-même. Marx disait "l’histoire de l’humanité est l’histoire de ses forces productives".
Pour nous communistes, l’économie circulaire fait partie de notre projet politique, c’est une alternative au système capitaliste.

Il s’agit de sortir du triptyque "produire, consommer et jeter", sortir de la société du jetable, du gaspillage, de l’obsolescence programmée, remettre en cause la société de consommation et son fétichisme de la marchandise.
Il s’agit de tourner la page des choix politiques et économiques que nous dénonçons depuis des années qui ont conduit à la délocalisations de pans entiers de notre activité industrielle vers des pays à normes sociales et environnementales faibles, entrainant la hausse du chômage et la précarité, le pillages des ressources naturelles pour engraisser les 1% de la population mondiale qui détiennent toutes les richesses et en profitent ostensiblement.

L’économie circulaire dont nous parlons n’est pas un effet de mode, ce n’est pas une nouvelle forme de marketing faisant entrer l’écologie dans le système capitaliste, ni un nouveau relais de croissance. Nous parlons bien d’un nouveau paradigme industriel, une nouvelle forme d’organisation de la production et de la consommation en rupture total avec la loi du fric.

En ouvrant les 3e assises de l’économie circulaire, Nicolas Hulot dit qu’il veut booster l’économie circulaire. Il parle d’« une trajectoire maintenant irréversible » et annonce le soutien du gouvernement à toutes les initiatives et expérimentations identifiées et qui fonctionnent pour les généraliser. Il a insisté notamment sur l’intégration de clauses spécifiques dans les marchés publics, le soutien aux « territoires zéro déchet » et parle d’investissements pour accélérer l’écoconception.
Tout cela est très bien, et correspond à notre politique que l’Etat devrait donc accompagner. Mais n’est-ce pas en contradiction avec la feuille de route économique du gouvernement qui va continuer à baisser les dotations aux collectivités locales ?
Si nous voulons réellement entrer dans l’ère de l’économie circulaire, je vois deux points clés.

D’abord, renforcer et faire respecter les normes sociales et environnementales, mais il semblerait que c’est le chemin inverse que prend l’union européenne et le gouvernement actuel.
Deuxièmement, relancer l’investissement sur des critères sociaux et environnementaux. C’est exactement le contraire des politiques d’austérité qui freinent l’investissement et des politiques économiques qui ont fait le choix de la finance. Le carcan financier est un obstacle majeur à l’économie circulaire, quand les dividendes reversés aux actionnaires dépassent les investissements et la part des dépenses consacrées à la recherche et au développement diminuent.

Madame La Maire, Paris peut évidemment être moteur avec son plan d’économie circulaire, mais vous comprenez qu’il aura son effet que si nous allons tous dans le même sens et qu’il y a un réel changement de cap à l’échelle national et internationale.

Nous nous félicitons que ce plan s’appuie sur les préconisations du rapport de la MIE "fabriquer à Paris".
Relocaliser la fabrication à Paris donne du sens à la vision que nous avons de l’avenir de notre ville. Nous voulons d’une ville qui fabrique, qui crée, qui invente et qui produit les richesses de demain.
Les conséquences seront indéniables sur l’emploi et notamment sur les emplois d’ouvriers et employés non dé-localisable.
La feuille de route est fixée pour trois ans, ce qui nécessité d’accélère des projets prioritaires : je pense notamment au traitement des déchets du BTP, à l’écoconception, la lutte contre l’obsolescence programmée, la réparation et durée de vie des biens de consommation. Je pense également à la réduction des transports superflus. La nécessité absolue de sortir du tout camion pour revenir au transport par le rail et par le fleuve et à une logistique du dernier kilomètre propre qui a toute sa place dans le service public.

Paris peut est un moteur pour l’émergence d’une 3e révolution industrielle dont l’impression 3D est déjà une réalité et nous fait entrer dans un nouveau paradigme. Un paradigme de la production en petites séries personnalisées, relocalisation dans de petits espaces qui facilite les circuits courts.
Une révolution qui sera aussi citoyenne, avec les fablabs. Ces ateliers collaboratifs qui sont les laboratoires du changement social, qui préfigurent une autre façon de vivre, de travailler et de produire.

Mais nous pourrons relancer la fabrication à Paris que si nous mettons en œuvre une stratégie renforcée en matière foncière et immobilière.
Par exemple, le plan d’économie circulaire peut se concrétiser dans la future ZAC Bercy-Charenton avec la création d’un nouvel écosystème autour d’un pôle logistique multimodale, la préservation du patrimoine des tunnels de la gare inférieure de la râpée pour accueillir des artisans et aller au-delà avec la création d’une « fablab city ».

Madame la Maire, notre ambition est de faire de Paris un laboratoire d’un nouveau mode de développement industriel, socialement responsable et respectueux de l’environnement.

Publié le

5 juillet 2017

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