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Plan Biodiversité : Conjuguons les enjeux sociaux et environnementaux

Dans la lignée du Plan Climat Eau Energie, nous devons mener des popiltiques publiques volontariste et articuler enjeux sociaux et environnementaux afin de préserver la biodiversité parisienne. Nous défendons un nouveau mode de production éloigné des logiques capitalistes de court terme. C’est la volonté qui nous anime depuis le début de la mandature : sortir du triptyque : " produire, consommer, jeter ".

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj.

"Les droits de l’homme, écrivait Claude Lévi-Strauss en 1979, trouvent leurs limites à ce moment précis où leur exercice entraînerait ou risquerait d’entraîner l’extinction d’une espèce animale ou même végétale. Il faudrait poser au départ une sorte d’humilité principielle, l’homme, commençant par respecter toutes les formes de vie en dehors de la sienne, se mettrait à l’abri de ne pas respecter toutes les formes de vie au sein de l’humanité même".

Avec le Plan Biodiversité qui nous est soumis aujourd’hui, nous avons l’obligation de traduire ces mots par une politique publique volontariste. Le Plan Biodiversité de Paris est ambitieux et c’est pour cela que nous le soutenons. Avec 150 pages et 30 actions déclinées dans des domaines divers et transversaux, Paris se veut exemplaire.

Évidemment la biodiversité a toujours intéressé les communistes et depuis bien longtemps. Je citerai, par exemple, le parc Georges-Valbon de La Courneuve qui est aujourd’hui un espace particulièrement important pour la biodiversité dans notre région. Ce sont les politiques volontaristes des élus de la ceinture rouge en faveur des classes populaires qui ont permis à ce parc de voir le jour. Aujourd’hui, c’est un réel poumon vert de l’Ile-de-France.

Nous resterons vigilants, Madame la Maire, pour que l’aventure olympique donne un second souffle dans le sens de notre ambition pour la biodiversité. Eh oui, l’aventure olympique, mon cher collègue David BELLIARD, peut être un moteur aussi pour la biodiversité.

Les politiques volontaristes permettent de conjuguer les enjeux sociaux et environnementaux.

Nous défendons un nouveau mode de production éloigné des logiques capitalistes de court terme qui épuisent aussi bien l’homme que la nature. C’est la volonté qui nous anime avec constance depuis le début de la mandature. Je l’ai déjà dit à plusieurs occasions, il est nécessaire de sortir du triptyque : " produire, consommer, jeter ".

Nous avons ainsi, lors des précédents Conseils, proposé des vœux et des amendements qui visent à favoriser l’économie circulaire et les circuits courts : réduire les déchets à la source en luttant contre l’obsolescence programmée et en développant la consigne et le réemploi. D’ailleurs, nous voterons le vœu présenté par le groupe écologique sur la question des bouteilles en plastique dans ce sens.

Réduire les déchets à la source, c’est ce que les sénatrices et les sénateurs communistes ont tenté de faire en 2016, au moment du vote de la loi pour la reconquête de la biodiversité. Ils ont déposé des amendements pour s’opposer à l’industrie du plastique. Ils ont réussi à interdire les bâtonnets en plastique du coton-tige mais ils ne sont pas parvenus à faire de même avec les cosmétiques contenant des microbilles de plastique. Pourtant ces plastiques ont des conséquences néfastes indiscutables, notamment sur la biodiversité marine.

La lutte menée par les parlementaires communistes rejoint notre combat d’aujourd’hui pour éliminer les déchets à la source. J’utilise le terme de lutte à dessein : c’est bien une lutte que nous avons à mener, une course contre la montre. Il s’agit de renouveler le mode de production pour considérer les écosystèmes dans leur ensemble, pour cesser d’avoir pour seule obsession la productivité et la rentabilité.

Ce changement de braquet concerne les modes agricoles mais aussi les modèles urbains. Le Plan Biodiversité à Paris qui suit le Plan Climat le montre. Pour illustrer mon propos, je prendrai l’exemple des insectes polinisateurs. Je me félicite de la délibération relative au projet d’aménagement en faveur des polinisateurs sauvages dans le parc de Bercy. Le mode de gestion "zéro phyto" de la Ville de Paris va à l’encontre des modèles agricoles productivistes. L’utilisation d’insecticides à base de néonicotinoïdes a porté atteinte aux insectes polinisateurs et aux abeilles notamment. Pourtant des industriels agrochimiques se sont élevés contre les décisions européennes visant à limiter l’usage. C’est irresponsable ! L’agriculture a été transformée en catastrophe écologique car elle a été monomaniaque d’une fonction : la production. Elle n’a pas considéré les systèmes écologiques comme un tout.

Il existe pourtant un sentier vertueux qui nous permet de développer une agriculture respectueuse de l’environnement. C’est ce sentier, Madame la Maire, que vous nous proposez : il s’agit de la permaculture, une méthode qui consiste à prendre en considération la biodiversité à chaque écosystème pour parvenir à une agriculture durable.

Madame la Maire, l’École du Breuil de la Ville de Paris est nécessaire au développement de la permaculture. Vous le savez, nous sommes préoccupés par l’avenir de cet établissement. Le projet de changement de statut de cette école comporte encore des inconnues. C’est pourquoi, nous déposons à nouveau un vœu pour réaffirmer l’importance de l’École du Breuil dans le dispositif de préservation de la biodiversité.

Il faut que les moyens qui lui seront alloués soient à la hauteur des enjeux immenses auxquels nous sommes confrontés. Plusieurs actions du Plan Biodiversité mettent au centre la question de la formation aux métiers de la biodiversité et de la diffusion de la connaissance de la biodiversité urbaine. L’École du Breuil est un acteur clé de la réussite du Plan, lui donner les moyens, c’est donner des moyens à la biodiversité à Paris.

Je vous remercie.

Publié le

22 mars 2018

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