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Paris, ville refuge

A l’occasion de la présentation de la stratégie LGBTQI+ de Paris, Hervé Bégué rappelle le lien qu’a entretenu Paris et sa communnauté LGBTQI+ pendant des siècles.
Aujourd’hui ville refuge, l’enjeu est l’accueil des personnes LGBTQI+, qu’elles vient à Paris ou qu’elles viennent de banlieue, de province ou de l’étranger. Cela passe par la formation de nos agent-es et un soutien fort aux associations.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire, mes chers collègues,

Pour commencer, je m’associerai et j’associerai les membres de mon groupe aux pensées de sympathie envers Jean-Luc ROMERO dans ces circonstances douloureuses qui sont celles de la perte d’un être aimé.

Permettez-moi de rappeler quelques moments importants de l’histoire de notre Ville et des personnes LGBTQI+. Paris est et a été pendant des siècles à la fois une ville de la plus grande liberté et celle de la plus forte répression. C’est à Paris que le Gouvernement de Vichy a fait arrêter et déporter des homosexuels. Moins qu’en Alsace, comme le rappelle le vœu en hommage à Pierre Seel, vœu que nous soutenons. Jusqu’en 1982, la pénalisation existe et le fichier des homosexuels aussi. Il faudra attendre l’arrivée de la gauche pour que la visibilité des LGBT soit tolérée. Mais les premières "Gay Pride" rassemblent peu de monde et le public est au mieux goguenard et au pire insultant à l’égard des manifestants.

C’est à Paris que cette manifestation prend racine, jusqu’à devenir cette manifestation populaire, festive et revendicative que nous connaissons. J’ai été heureux de vous entendre annoncer, Madame la Maire, dans votre propos que la Ville de Paris aurait un char à cette manifestation. Revendicative, car contrairement à de nombreuses "Pride" dans le monde, elle reste organisée par le secteur associatif et pas seulement par les entreprises. Cette année, la question de la P.M.A. et celle des droits des trans seront au cœur du cortège.

Notre Ville s’enorgueillit à juste titre de donner une visibilité à cette mémoire et aux personnalités LGBT. Des voies et des équipements publics portent les noms de ces personnalités et nous sommes fiers d’avoir porté un vœu pour que la première trans, Coccinelle, ait une allée dans le 18e. Comme nous soutiendrons le vœu de l’Exécutif reprenant une proposition de votre camarade Évelyne ZARKA pour qu’un lieu parisien porte le nom de Mark Ashton, ce militant gai et révolutionnaire anglais. Rendre visible cette mémoire, c’est soutenir le Centre des archives LGBTQI+, c’est accueillir des événements locaux et internationaux ; c’est aussi soutenir l’important mouvement associatif qui agit sur notre territoire comme le "M.A.G." à qui Marie-George BUFFET avait remis l’agrément Jeunesse et Education populaire.

Bien accueillir, c’est formé nos agents, mais aussi les agents de l’Etat pour que les questions LGBTQI+ leur soient familières. Je salue le travail de formation auquel la Ville de Paris s’est attelée sous l’impulsion d’Hélène BIDARD et d’Emmanuel GRÉGOIRE et repris par Christophe GIRARD.

Bien accueillir, cela vaut pour les nombreuses personnes LGBTQI+ de banlieue ou de province qui viennent dans notre ville chercher la possibilité de vivre comme bon leur semble avec les personnes de leur choix. C’est parce que la France et Paris ont fait récemment des efforts importants en matière législative que la France est passée de la 17e à la 5e place des pays "gay-friendly".

Je pense aussi au travail que l’association "Hardis" fait au quotidien pour venir en aide aux personnes LGBTQI+, victimes de répression dans leurs pays d’origine et que la France se doit de protéger. Il reste bien du chemin à faire.

Si nous voulons bien accueillir les touristes et les réfugiés, commençons par bien accueillir les LGBT de notre ville. Des pistes sont intéressantes comme l’accueil des LGBTQI+ retraités dans nos E.H.P.A.D. ou comment favoriser leur maintien à domicile.

Si la proportion de personnes LGBT à Paris est le double de la moyenne nationale, nous sommes aussi la ville où l’augmentation des agressions est la plus forte et où la proportion de contaminés par le V.I.H. reste trop importante.

Nos actions en faveur de la prévention et le soutien aux associations doivent rester à un haut niveau. De plus, comme nous l’avons évoqué au cours d’un récent Conseil, nous devons prévenir le développement des pratiques sexuelles, sous produits psychoactifs, qui ont pour conséquence une augmentation de la prise de risques avec des dangers sanitaires inquiétants. Il nous faudra aussi à terme réfléchir au blocage sur les questions d’adoption par les couples de même sexe. Je suis fier que notre ville se dote de cette stratégie et que cette communication soit une première en France.

Je vous remercie.

Publié le

6 juin 2018

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