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Paris augmente la taxe sur les résidences secondaires

Le conseil de Paris a approuvé la majoration de 60% de la taxe d’habitation concernant logements meublés non affectés à l’habitation principale.
Cette mesure, que nous avons portée, peut être perçue uniquement comme source de revenus supplémentaires pour la ville, mais c’est bien plus que cela. C’est une mesure juste et qui participera à la temporisation et à l’endiguement de la spéculation immobilière.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire, mes chers collègues,

Nous nous félicitons aujourd’hui de voter cette délibération qui va nous permettre d’augmenter la lutte contre la vacance et la sous-utilisation des logements parisiens.
Nous connaissons tous la situation alarmante du logement à Paris et dans la Région.

Le marché de l’immobilier a explosé en une quinzaine d’année, avec une augmentation de 150% du prix du mètre carré. L’augmentation des loyers a été moins forte mais le coût reste beaucoup trop important pour les parisiennes et les parisiens.
Les plus précaires rencontrent de grandes difficultés à se loger. Je ne compte plus les cas de personnes mal-logés qui viennent m’alerter sur leur situation lors de la permanence que je tiens en mairie du 12e. Il y a quelques jours, c’est l’association Droit Au Logement qui a une nouvelle fois tiré le signal d’alarme du mal logement en occupant une partie de l’Hôtel Dieu.

La situation actuelle est grave, c’est vrai pour les plus précaires mais ça l’est aussi pour la majeure partie des parisiennes et des parisiens. Lorsque l’on voit qu’un studio ne se loue pas en dessous de 700€ par mois, c’est bien que le marché de l’immobilier fonctionne mal. Quand les familles de la classe moyenne sont obligées de quitter Paris lorsqu’elles ont des enfants, c’est une nouvelle preuve qu’il faut une intervention publique vigoureuse pour réguler le marché de l’immobilier.

Bien sûr, la Ville de Paris intervient déjà sur ce marché en créant des logements sociaux. Cet engagement est au cœur de notre action et nous le porterons jusqu’au bout. Mais si l’on veut répondre à la première préoccupation des parisiens et répondre à la crise du logement, nous devons élargir notre réflexion en nous penchant sur les logements privés.

Notre constat est clair : les prix sont trop élevés car l’offre de logement n’est pas assez importante pour répondre à la demande. L’objectif est tout aussi clair : il faut augmenter l’offre en libérant les centaines de milliers de logements qui sont inutilisés ou sous utilisés.

Paris compte aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de logements vacants, plus de 107 000 résidences secondaires et le nombre de meublés touristiques de type Airbnb augmente de manière effarante sur les trois dernières années. Alors que des familles dorment dans la rue ou s’entassent dans des logements insalubres, on ne peut pas tolérer que des propriétaires s’enrichissent en louant des appartements à 800€ la semaine.

Nous prenons aujourd’hui la décision d’augmenter la taxe sur les résidences secondaires en passant d’un taux de 20 à 60%. C’est une bonne décision qui a été obtenue de haute lutte par les parlementaires de gauche à l’assemblée nationale. Mais ce compromis passé avec le gouvernement ne suffit pas à répondre à l’enjeu principal. Si l’on veut réellement inciter les propriétaires de résidences secondaires à vendre ou louer, c’est un taux encore plus élevé qu’il faut fixer. Il faudrait à nos yeux fixer un taux de 100% pour libérer très vite des dizaines de milliers de logement.
C’est le même raisonnement que nous appliquons pour la taxe sur les logements vacants et les amendes sur les locations touristiques illégales. C’est le sens du vœu rattaché que nous avons déposé.

Par conséquent, nous voterons cette délibération et nous annonçons d’ores et déjà que nous allons continuer à nous mobiliser pour augmenter l’offre de logement pour les parisiennes et les parisiens.

Je vous remercie.

Publié le

31 janvier 2017

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