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Mise à disposition de places d’accueil pour les Parisiens au sein des crèches hospitalières de l’AP/HP situées dans Paris

Intervention d’Emmanuelle Becker

Madame la Maire, mes chers collègues,

Nous nous abstiendrons sur le vote de cette délibération.

Sur le principe, nous ne sommes pas opposés à ce que la Ville achète des places en crèche à l’APHP. Cela permet de développer l’offre en direction des familles parisiennes, dans des crèches qui fonctionnent pour la plupart en horaires décalés et qui sont gérées dans un cadre de service public.

Cependant, nous restons interrogatifs sur les répercutions pour les agents de l’AP/HP.

D’une part, nous pensons que les demandes des agents de l’AP/HP doivent rester prioritaires dans le processus de désignation. Les agents hospitaliers exercent des missions vitales et ont des besoins très particuliers en termes de d’horaire. Il nous parait donc normal de s’assurer qu’aucune demande d’hospitaliers ne soit rejetée faute de places disponible.

D’autre part, l’entrée des crèches de l’AP/HP dans le droit commun va s’accompagner d’une hausse des tarifs très importante pour les personnels, plus de 400% d’augmentation dans les pires situations. La direction de l’AP/HP propose aux salariés un mécanisme de compensation qui permettra d’atténuer quelque peu cette hausse mais cela ne nous satisfait qu’à moitié. D’abord parce que la compensation ne sera que partielle. Ensuite parce que le mécanisme retenu va créer des inégalités entre agents de l’AP/HP. Sans trop rentrer dans les détails, cette aide compensatoire sera financée grâce à la hausse des tarifs des places en crèches mais elle s’adressera à l’ensemble des agents de l’APHP sollicitant un mode de garde.

Résultat, les 5000 agents qui inscrivent leurs enfants dans les crèches de l’APHP, et qui sont aussi ceux qui en général sont le moins bien payés, financeront le mode de garde choisi par plus de 14 000 agents, y compris les assistantes maternelles à domicile auxquelles seuls les médecins et les cadres aux plus hauts revenus peuvent faire appel.

C’est une inégalité dont la Ville n’est pas responsable mais qui, à nos yeux, justifie pleinement l’abstention.

Publié le

16 décembre 2015

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