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Mettre les moyens pour que Paris soit plus propre demain

A l’occasion du 3ème plan sur la propreté à Paris depuis le début de la mandature, Nicolas Bonnet Oulaldj présente les 4 propositions des élu-es communistes parisiens :
Stratégie zéro déchets, remunicipaliser et réorganiser la collecte des ordures et augmentation des effectifs.

Retrouvez son intervention...

Madame la Maire, mes cher-es collègues,

Un papier gras qui traine au sol. Une canette qui flotte dans un caniveau. Une barquette vide qui est emportée par le vent. Cela vient trop souvent abîmer le paysage parisien. Notre objectif à toutes et à tous est de mettre les moyens pour que Paris soit plus propre demain. Je salue les travaux de la MIE menée par Florence Berthout et Éric Lejoindre ainsi que le rapport de la conférence citoyenne et celui du Conseil parisien de la jeunesse.

Le groupe communiste fait quatre propositions : 1, approfondir notre stratégie zéro déchet ; 2 réorganiser la collecte et parvenir à une meilleure efficacité, 3, remunicipaliser la collecte des déchets pour conjuguer l’impératif économique et la qualité des emplois, 4, augmenter les effectifs.

J’insisterai sur le premier point, celui de la stratégie zéro déchet en s’attaquant à la racine du mail : d’où proviennent les déchets ?

On pointe bien trop souvent du doigt les parisiens et les parisiennes qui seraient seul-es responsables de ces déchets.
Mais les responsables sont à rechercher du côté de la société de consommation.
Les emballages jetables sont partie intégrante des stratégies marketing des industriels. Ils sont un support de communication pour pousser à la consommation. Plus nous jetons, plus ils produisent ; plus ils produisent, plus ils engrangent de bénéfices. Il s’agit du cercle vicieux de la société capitaliste. Nous devons sortir du triptyque « produire, consommer, jeter », sortir de la société du jetable, du gaspillage, de l’obsolescence programmée. C’est impératif pour notre environnement, , pour le Paris d’aujourd’hui et de demain.

Comment les consommateurs peuvent-ils limiter leur production de déchets lorsque les produits qui leur sont proposés ont un volume d’emballage si important ? Comment inciter les habitant-e-s à préférer le vrac quand ces produits sont encore trop chers comparés à ceux qui sont conditionnés dans des emballages jetables ?
Nous plaidons pour la mise en œuvre de politiques publiques qui permettent de quitter cette logique consumériste. Il s’agit bien de limiter la production des déchets à la source. Vous avez évoqué la mise en place des assises de l’éco conception. Vous avez évoqué la signature prochaine d’une charte parisienne avec le syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide pour lutter contre la présence des déchets aux abords de ces établissements.

Nous vous encourageons mais nous vous proposons de les approfondir pour aller vers un Paris sans emballage. Développons la consigne, taxons les emballages jetables. Nous avions déjà plaidé au moment du Plan climat pour l’instauration d’une taxe sur les publicités papiers à vocation commerciale. C’est vers ce type de mesures que nous devons tendre, comme le proposent les vœux que nous avons déposés. Il est insupportable que la société de consommation nous oblige à payer les emballages ; à payer le ramassage d’un volume toujours plus grand de ces emballages ; à payer le recyclage ou le traitement des déchets. Nous voyons ce que nous coûte le capitalisme, tant sur le plan financier qu’environnemental.

Je terminerai avec ces mots de Jean Gouhier, géographe français et inventeur de la rudologie : « une société est à l’image des déchets qu’elle se crée ».

Publié le

7 février 2018

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