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Marceline Loridan Ivens n’est plus

Il va manquer une page au grand livre de la mémoire du siècle.

Issue d’une famille juive polonaise, cette femme d’exception, qui avait connu l’occupation de la France par les Nazis, était entrée en résistance à l’âge de 16 ans. Arrêtée et déportée, elle partagera les souffrances des dizaines de milliers de déporté-es et rencontrera Simone Veil dans ces horribles circonstances. Elle témoignera tout au long de sa vie sur la déportation et son cortège de malheurs.

Elle adhère au Parti Communiste Français en 1955 pour le quitter dès l’année suivante. L’intervention soviétique à Budapest et l’affaire de Saint Germain des Près lui font rejoindre le parcours de Marguerite Duras et d’Edgar Morin. La discipline du parti d’alors ne convenait pas à cette femme libre. Elle s’engagera aux côtés du FLN Algérien et fera partie du réseau Jeanson des porteurs de valises.

Compagne de Joris Ivens l’immense documentariste engagé, elle l’accompagnera au Vietnam et en Chine au moment de la révolution culturelle. Leur fascination réciproque de la Chine de Mao se heurtera au mur du dogmatisme de la veuve de Mao qui les obligera à quitter le pays.

Marceline Loridan Ivens aura traversé le 20ème siècle et ses vicissitudes, elle touchera avec talent au cinéma et à la littérature.

C’est devant cette femme d’une rectitude dans ses engagements, devant l’intellectuelle et son immense talent, que nous nous inclinons.

La France et Paris perdent une de ses plus belles figures. Paris perd aussi une de ses promeneuses les plus assidues, même si au crépuscule de sa vie elle ne quittait plus son Saint Germain des Prés qu’elle avait tant aimé. Oui il manquera une page au grand livre de la mémoire du siècle.

Au nom du groupe communiste-front de gauche au Conseil de Paris nous présentons nos condoléances à ses proches et à ses ami-es.

Publié le

19 septembre 2018

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