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Loi Blanquer : le trop de confiance attire le danger

Jean-Noël Aqua dénonce les conséquences de la loi Blanquer. Ce projet imposé verticalement pas un ministre dont l’autoritarisme ne fait plus aucun doute, ‎présente de nombreux dangers pour les établissements scolaires à Paris.

Madame la Maire, mes chers collègues,

« Le trop de confiance attire le danger » affirmait Don Fernand dans le Cid.

Le projet de loi de « l’école de la confiance » comporte de nombreux dangers.

Le premier est la territorialisation de l’éducation. Car ce projet signe la fin du cadre national d’éducation, condition de la réussite des enfants.

Le Ministre et la co-rapporteuse, Me Lang, usent et abusent de la fake-news pour expliquer que la loi ne signifie pas la fin des directeurs d’école. Pourtant, breaking news, les professeurs savent lire !! Si 70% des professeurs sont aujourd’hui en grève sur Paris, et que plus de 230 écoles sont fermées, c’est qu’il y a bien un loup, entre autres, sur ce point.

Nous le redisons, la liberté sans l’égalité n’est qu’un vain mot !
Quelle liberté pour les élèves dont le parcours scolaire sera déterminé par leur établissement d’origine ?

Quelle liberté quand le cadre général du projet ne chercher en réalité qu’à faire des économies et à gérer la pénurie ?

Économies sur les enseignants, dont le métier n’est pas revalorisé. Le ministre voudrait compenser avec un vivier d’étudiants-enseignants précaires, sans formation pédagogique. Un statut au rabais pour nos enfants, est-ce bien sage ?

L’austérité épargnera toutefois les « premiers de cordée » qui pourront fréquenter les établissements d’enseignement international. Elle épargnera aussi les écoles maternelles privées. Elles se voient récompensées de leur contribution à la ségrégation scolaire par un beau cadeau de 12 millions à Paris. Dommage collatéral de l’abaissement de l’instruction obligatoire à 3 ans. Où l’on voit que l’argent public existe bel et bien quand il s’agit d’arroser le privé.

L’école de Jean-Michel Blanquer est bel et bien celle de la compétition scolaire, dans laquelle il y aura quelques gagnants, pour beaucoup de perdants. Or, ces perdants sont nos enfants.

Nous voulons soutenir la communauté éducative qui manifestera massivement cette après-midi à Paris contre le projet Blanquer. Un projet autoritaire, méprisant autant les compétences des enseignants que les capacités de nos enfants à pouvoir tous réussir. Et nous le redisons, une école de l’émancipation pour toutes et tous est possible.

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Publié le

4 avril 2019

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