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Les salarié.e.s de Vélib’ refusent le chantage à l’emploi : nous les soutenons

Ce n’est pas en réduisant le nombre de salarié.e.s et en baissant leurs salaires que nous améliorerons le service vélib’, bien au contraire. Nous avons rappelé que si la Ville de Paris ne faisait pas pression sur le nouveau gestionnaire pour reprendre les 315 salarié.e.s de vélib’ dans les mêmes conditions salariales, elle serait responsable de cette politique intolérable de dumping social.
Retrouvez l’intervention de Didier Le Reste.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Il y a quelques semaines le syndicat "Vélib’ Autolib’ Métropole" choisissait de faire appel au groupement Smoovengo pour gérer le futur contrat d’exploitation de Vélib’. Cette décision a un impact direct sur les 315 salariés de la filiale de J.-C. DECAUX qui sont aujourd’hui menacés de licenciement. Dès que la décision a été rendue publique, la menace a été clairement comprise par les salariés de Cyclocity. Car si Smoovengo a été sélectionné, nous pensons que c’est bien parce que leur offre était la moins chère, celle qui prévoyait de réduire le nombre de salariés et celle qui prévoyait de moins les payer.

Aujourd’hui, ces 315 salariés ont le couteau sous la gorge : soit ils rejoignent le nouveau gestionnaire en acceptant de voir dégrader leurs conditions de travail, soit ils se retrouvent au chômage. La responsabilité de la Ville de Paris nous semble, dans ce dossier, indiscutable. Même si la décision a été prise par un syndicat intercommunal, la Ville a joué un rôle déterminant dans le processus en pesant de tout son poids pour que, d’une certaine façon, le moins-disant social l’emporte. Les salariés seront les premières victimes de ce choix guidé par les considérations financières.

Nous craignons, d’ailleurs, que les usagers se retrouvent aussi victimes de la dégradation de la qualité de service. Alors que Vélib’ doit s’implanter dans de nouvelles villes et que le nombre de vélos doit considérablement être augmenté, le choix est fait de réduire le nombre de salariés pour exploiter le service. C’est un choix politique, un choix financier, des choix auxquels nous sommes résolument opposés.

Voilà pourquoi nous avons déposé un vœu dans lequel nous exigeons que le futur gestionnaire reprenne l’ensemble des salariés de Cyclocity dans les mêmes conditions salariales qu’auparavant. Toute autre proposition qui viserait à reprendre une partie des salariés avec des rémunérations moins élevées et des conditions de travail dégradées, serait tout bonnement inacceptable, car nous ne pouvons pas tolérer ce chantage à l’emploi.

Je vous remercie.

Publié le

12 mai 2017

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