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DOB : Les réformes fiscales gouvernementales ne font qu’accentuer les inégalités

A l’occasion débat d’orientation budgétaire, Danièle Premel alerte sur le fait que la pauvreté dans notre pays augmente et que le gouvernement a déjà décidé la suppression des contrats aidés et la baisse des APL. Ces réformes ne feront qu’accentuer les inégalités.

Retrouvez son intervention...

Madame la Maire, Chers collègues,

Je souhaite prolonger les propos de Nicolas Bonnet en abordant deux mesures décidées par le gouvernent qui ont un impact certain pour notre collectivité.

La première concerne la suppression d’un grand nombre de contrats aidés. Les conséquences de cette décision prise sans concertation sont multiples. Si les contrats aidés ne sont pas une solution miracle aux problèmes de l’emploi, leur suppression arbitraire ne peut être une réponse !
Ces contrats sont un tremplin vers un emploi pérenne pour les publics fragiles les plus éloignés de l’emploi. Nous avons adopté un vœu pour le rappeler lors du précédent Conseil. Force est de constater qu’il est resté lettre morte. On estime pour notre collectivité que 800 contrats uniques d’insertion sur les 1200 de la Ville ne pourront pas être renouvelés. Au-delà des conséquences sociales dramatiques pour la cohésion de notre société, cette décision a des conséquences budgétaires importantes. Il revient en effet à la Ville de verser les indemnités chômage de ces 800 personnes. La mesure du gouvernement nous coûte donc cher au sens propre comme au sens figuré : nous ne bénéficions plus du travail de ces 800 salariés, nous n’avons plus ce levier pour accompagner les publics fragiles vers l’emploi, nous payons une dépense supplémentaire que nous n’avons pas décidée.

La deuxième mesure concerne le logement. La baisse des APL – qui n’était pas dans le programme du candidat Emmanuel Macron - va à l’encontre des orientations prises par notre majorité municipale en matière de logement.
Je rappelle que la Ville s’engage avec force pour améliorer la situation des Parisiennes et des Parisiens qui ont besoin de se loger. Nous le voyons avec la politique ambitieuse de construction du logement social, nous le voyons aussi avec notre lutte contre la spéculation immobilière et les meublés touristiques.
Or, le projet de loi de finance du gouvernement fait peser une charge énorme sur les bailleurs qui sont nos partenaires dans la mise en place de cette politique.
La baisse des loyers va freiner la capacité des bailleurs sociaux à invertir et entretenir le patrimoine immobilier soit 2 000 logements en moins réhabilités au moment où la Ville s’engage dans un Plan Climat ambitieux .
Là aussi c’est une décision brutale, qui s’impose aux Français et aux collectivités locales et qui pourrait générer pour notre collectivité des coûts supplémentaires
Nous n’avons pas pris cette décision et nous en subissons directement les conséquences.

La situation est d’autant plus préoccupante que la pauvreté dans notre pays ne cesse de progresser. Le rapport de l’association OXFAM montre bien que la réforme fiscale creuse les inégalités au lieu de les réduire par la redistribution. Le rapport du secours populaire souligne qu’en 2017 encore 37 % des français ont déjà fait l’expérience de la pauvreté.

Il est urgent de mettre en Place une Conférence Priorité Logement.

Par ailleurs, je voudrais attirer votre attention sur deux points particuliers.
Le premier concerne l’Agospap. Notre collectivité est aux prises avec un équilibre budgétaire difficile à trouver.
Certes, devons-nous ouvrir une brèche dans la situation du personnel de la Ville alors que le contexte est déjà si difficile pour les salariés ? On voit bien que cette gestion par une association ne correspond pas aux attentes des personnels. Notre proposition de vœu vise à faire appliquer la démocratie sociale pour la gestion des Fonds Sociaux.

Le second concerne le logement et les femmes victimes de violences. Les crédits qui sont alloués à leur hébergement ne peuvent et ne doivent pas être diminués.
Madame la Maire nous devons nous battre pour respecter les engagements de notre mandature et veiller à ce que les arbitrages que nous faisons ne pèsent pas sur les plus faibles.

Je vous remercie.

Publié le

22 novembre 2017

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