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Les droits de l’Homme ne s’arrêtent pas aux portes de Gaza

Raphaëlle Primet intervient au Conseil de Paris sur l’importance de notre solidarité concrète à l’égard du peuple palestinien. Elle souligne la nécessité d’aller au-delà de l’aide humanitaire. Elle rappelle l’indécence de la visite en France du Premier Ministre israélien et insiste pour que la France demande l’application des snactions décidées à l’ONU.

Retrouvez son intervention

Madame la maire,
Mes cher-es collègues,

Je ne ferais qu’une seule intervention pour balayer l’ensemble du débat porté par la délibération, le vœu de mes amis du groupe écologiste et celui de Danièle Simonnet.

Depuis le 30 mars dernier, l’armée israélienne obéissant aux ordres de son gouvernement, a tué à balles réelles et mutilé des Palestiniens de Gaza.

On dénombre 120 morts et 13 000 blessès dont certains de manière irréversible. Ils manifestaient pacifiquement sur leur terre, pour le respect de leurs droits fondamentaux.

« Quand on tire sur des enfants et des femmes ça s’appelle un massacre », ce n’est pas moi qui le dit mais Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre que l’on ne peut qualifier de dangereux islamo gauchiste.

Et quand on tue des journalistes et des infirmières, il s’agit de graves atteintes aux droits de l’homme et Amnesty international parle de crimes de guerre.

L’Onu a condamné ces actes, le gouvernement français a condamné ces actes, je crois que Paris peut aussi le faire.

Mais revenons à cette délibération vous accordez 50 000 euros à Médecins du Monde pour Gaza.

C’est une aide importante, nous la saluons. Et d’ailleurs je suis scandalisée cher Patrick par les attaques à ce propos dont vous faites l’objet sur certain sites israéliens qui vous reprochent ces aides .Mais nous pouvons aller plus loin et c’est ce que demande le vœu déposé par le groupe écologiste pour une aide supplémentaire, une subvention exceptionnelle aux associations humanitaires. Nous soutiendrons ce vœu.

Dans tous les cas si la situation exige une aide humanitaire forte, cela ne suffira pas, cela ne suffit plus.

Ce que les gazaouis et les palestiniens vivent ce ne sont pas les conséquences d’une catastrophe naturelle, ce sont les résultats d’une politique, et, si nous ne voulons pas être condamnés à devoir voter aides sur aides ad vitam aeternam, c’est bien aux causes qu’il faut s’attaquer.

C’est bien cela que le vœu de Danièle Simonnet veut porter, vœu que notre groupe partage à 100 %. J’aurai pu déposer le même mais j’avoue que le mur contre lequel on se heurte ici des que l’on parle de la Palestine m’a découragée. J’entends déjà les arguments, ce ne sont pas des problèmes du ressort de la Ville.
Les droits de l’homme pourtant … La ville en parle dans bien des cas et à juste titre, mais pour la Palestine c’est toujours non.

Nous savons que seule l’action et les sanctions internationales peuvent peser pour que l’état d’Israël respecte enfin le droit international et les droits du peuple palestinien.

Le conseil de Paris a su prendre parti pour reconnaître l’état palestinien, et pour défendre notre compatriote Salah Hamouri dans la mandature précédente. La situation qui se dégrade au Proche Orient exigerait que nous maintenions le même niveau d’implication, mais nous sommes de plus en plus frileux.

Aucun des vœux dépose par le groupe communiste sur le sujet n’a été pris en compte.

Hier s’est ouvert la saison croisée France-Israël en la présence honteuse de Benjamin Netanyahou, nous étions d’ailleurs plusieurs centaines à manifester contre la venue de celui qui un jour sera vraisemblablement déclaré criminel de guerre.

La France a désapprouvé la décision des États Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, condamné les violences de l’armée israélienne, elle a appuyé à l’ONU l’ouverture d’une enquête indépendante, mais il faut maintenant passer des paroles aux actes.

La tenue de cette saison France Israël se situe dans un contexte particulier. On ne peut faire comme si de rien n’était. Qu’on le veuille ou non elle apparait comme un encouragement pour Netanyahou de continuer à perpétrer ses crimes.

La ville pourrait agir en annulant les initiatives de la saison qui se passent dans les établissements sous sa tutelle.

Il ne s’agit ni de condamner un pays et encore moins un peuple, il s’agit de condamner un état dirigé par des politiciens corrompus qui appliquent une politique coloniale, guerrière, raciste et d’extrême droite.

Je vous remercie.

Publié le

6 juin 2018

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