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La droite et LREM rejettent encore et toujours le logement social

Jean Noël aqua pointe les incohérence entre le discours et les actes des élu-es macronistes et des élu-es de droite qui dès lors qu’il s’agit de prendre des décisions, repoussent encore et toujours le logement social.

Retrouvez son intervention

Madame la maire, mes chers collègues,

Physicien, chercheur à Jussieu dans les nanosciences.
Physique, il y a le domaine de la théorie des cordes où l’on évoque des mondes à plus que 4 dimensions, des mondes parallèles.
Jusqu’ici, ces mondes parallèles, ont été considérés comme inatteignables, car au-delà de l’énergie de Planck.
Mais, je vais dire à mes collègues cordistes de tourner leur recherche sur le Conseil de Paris.
Car des mondes parallèles, la LREM les invente tous les jours.

C’est merveilleux. C’est un terrain d’expérimentation unique. Merci, mesdames et messieurs les macronistes, je vous pouvoir dire à mes enfants que les mondes parallèles, je les ai vus.

D’un côté, nous avons un président qui se veut un « champion de la Terre ».
Un président qui veut « maker our planet great again ».
Un président qui nomme un Nicolas Hulot ministre d’État pour mener la transition écologique.
Un président qui nomme un Pascal Canfin dans sa liste aux européennes pour teinter de vert son agenda ultra-libéral.

De l’autre côté, nous avons l’action crue des marcronistes qui vient contredire, dans toutes les largeurs, les affichages verts.

L’opposition que nous entendons de la part des macronistes sur cette délibération est donc une nouvelle expérience de choix des contradictions discours/actions.

De quoi parlons-nous ?

D’une délibération qui organise 2254 conventionnements sur 9 groupes locatifs, 963 PLUS et 1291 en PLS. Et la délibération engage 117 millions de rénovations thermiques, d’isolation phonique, d’aménagements verts, de tri, de mise aux normes électriques, de rénovation des sanitaires, d’isolation du bâti et des fenêtres ...
Une délibération qui va permettre de réduire les consommations d’énergie, et de réduire la quantité de déchets non triés, d’augmenter la végétalisation des lieux.

Bref, 117 millions qui vont permettre d’améliorer le confort des locataires, d’améliorer leur pouvoir d’achat et de réduire la pollution.

Au final, ce sera donc tout bénéfice pour les locataires, et tout bénéfice pour la planète.

Bref, une délibération qui permet très concrètement, de mettre en œuvre tous les grands discours sur la nécessité d’opérer une transition écologique et sociale.

Alors pourquoi ce monde parallèle ?
En tant que scientifique, je ne peux m’empêcher d’analyser l’expérience.

Se pourrait-il que la droite fasse passer en premier leur rejet du logement social ? Devant l’action pour la planète ?
Se pourrait-il que la LREM aime *avant tout*, réduire le nombre de logements sociaux ? Il est vrai que les marcheurs proposaient en mai 2018 de vendre les logements sociaux. Et tant pis (pour elles et pour eux), si le foncier à Paris, condamnait de nombreux parisiens à être dans les griffes du marché.
Il est vrai que Mme Lang, grande connaisseuse du logement social, déclarait en mai 2018 à Libération que la « question du logement et de la mixité sociale doit s’envisager à l’échelle de la métropole ».
Traduisez. Poussons en banlieue les classes moyennes qui ne peuvent pas acheter, les plus modestes et les plus pauvres, ça fera de la place pour les premiers de cordée.

Se pourrait-il que la LREM soit adepte du petit remplacement ? De la peur du remplacement des populations aisées par des classes populaires et moyennes ? C’est n’importe quoi en soi. C’est n’importe quoi en l’espère.
Les 9 groupes concernés sont déjà avec des loyers modérés entre 4 et 6€ du m^2. Il reste effectivement des locataires aisés qui /, pour celles et ceux qui ne connaissent pas le sujet /, ou qui font semblant de ne pas le connaitre/, pourraient être concernés par des surloyers.
Mais avec l’antériorité de la loi Elan, personne ne sera évincé du fait de surloyers astronomiques. Dans les arguments avancés, on entend des extrapolations sur les locataires riches. Mais justement, grâce notamment à l’action des communistes à l’Assemblée nationale et au Sénat, les locataires peuvent désormais poursuivre soit leur bail actuel, soit un bail en logement social.
Donc personne ne sera contraint de partir par un loyer astronomique.
Encore une fois, la LREM nous raconte des calembredaines.

Vous l’aurez compris, nous vivons donc un grand moment scientifique. Un monde parallèle et une théorie s’offrent à nous. Si la science a à y gagner, déplorons que les parisiennes et les parisiens pâtissent de ces tambouilles électoralistes, bradant l’intérêt collectif sur l’autel de l’entre-soi.

Publié le

3 avril 2019

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