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L’inclusion, clé de l’interculturalité

L’interculturalité de Paris se construit grâce à un quotidien et des pratiques communes. La mixité sociale et scolaire est un élément fondateur du vivre ensemble. L’inclusion est fondamentale pour faire exister la diversité culturelle.

Retrouvez l’intervention de Raphaëlle Primet.

Madame la Maire, chers collègues,

Le score heureusement faible du Front National à Paris témoigne d’une grande réussite de notre ville à faire vivre une cohésion sociale enrichissante pour toutes et tous. Les parisiennes et les parisiens sont en effet riches de la diversité culturelle de notre territoire. Nous pouvons être fiers de vivre dans une ville qui n’accorde aucun crédit à la hiérarchisation des cultures et à la haine de l’Autre. Il n’y a pas d’Autre à Paris, il n’y a que des parisiennes et des parisiens qui interagissent au quotidien par leur curiosité et leur ouverture sur le monde. Les cultures ne sont pas superposées, elles ne sont pas parallèles les unes aux autres. Non à Paris, les cultures se mixent, se brassent et s’embrassent. C’est ce qui définit la singularité de Paris tout en marquant sa mondialité. Le parisien est parisien parce qu’il n’est jamais seulement parisien.

Tout cela est possible par la conception d’une politique publique inclusive. L’inclusion est fondamentale pour faire exister le vivre ensemble et la diversité culturelle. Mais la réussite de ce projet commun tient effectivement à une volonté politique forte de mettre en place les conditions de possibilité d’un accueil à la hauteur de la difficulté que représente la vie nouvelle dans un pays étranger. Par exemple, l’apprentissage de la langue permet d’être plus autonome dans sa vie quotidienne et dans la construction de son parcours professionnel. On le sait, le français est la sinon l’une des langues les plus difficiles à apprendre au monde, nous devons donc mettre les moyens pour que son apprentissage soit possible.

Aussi, nous devons être vigilants à toujours interpeller le rectorat sur les classes d’accueil des migrants en écoles, collèges et lycées qui ont tendance à être fermées. Dans le documentaire de Julie Bertuccelli « La Cour de Babel » on voit clairement que la barrière de la langue est un facteur d’isolement dès l’enfance. Non pas que tous les étrangers devraient parler uniquement en français mais ils devraient au moins en avoir la possibilité. De même, la question des ASL est très importante, mais les nouveaux critères des subventions de la « politique de la ville » en 2018 ne rémunéreront plus les associations et centres sociaux sur les mêmes conditions, aussi, les étrangers présents depuis plus de 5 ans sans Contrat d’Intégration vont être fortement pénalisés.

La mixité sociale et scolaire est un élément fondateur du vivre ensemble et de l’ancrage de la diversité culturelle. Par le logement, l’école, l’ensemble des services publics, on crée ainsi des quartiers aux multiples couleurs et saveurs, aux multiples langues, aux traditions diverses, dans le respect de toutes et tous. De nombreuses associations et centres jouent un rôle clé dans ces quartiers et participent de la vie citoyenne. Je les félicite d’ailleurs pour ce travail de terrain qu’ils exercent avec peu de moyens mais beaucoup de passion.

Nous devons donc sans cesse nous repencher sur nos pratiques, nos politiques publiques et veiller à l’inclusion, à la mise en œuvre de toutes les possibilités d’apprentissage. Chacune et chacun doit pouvoir trouver sa place dans la société, y compris à Paris.

Vous l’aurez compris, je ne pense pas que l’ interculturalité de Paris s’impose d’en haut, je pense au contraire qu’elle se construit au planlocal, par le quotidien mais aussi par des pratiques extra-scolaires, sportives, culturelles, par des ateliers qui permettent de découvrir et de se découvrir, par des services publics de proximité qui permettent de partager des habitudes et qui conduisent à créer de l’entraide, par des amitiés qui se nouent dès l’école. Tout ceci est possible grâce à une volonté politique inclusive. Je salue à ce titre les très réussis ateliers de la république à l’initiative de mon amie et collègue Danièle Premel dans le 18ème. La démarche à laquelle nous tenons est en effet celle de l’éducation populaire et nous devons travailler à la développer toujours plus en lien avec les associations et habitants.

J’espère donc que les préconisations et conclusions de cette MIE pourront être mises en œuvre avant la fin de notre mandat.
Pour terminer, je voudrais revenir sur un point sensible, sur une traditionnelle promesse de campagne qui ne voit jamais le jour, à notre grand regret : le droit de vote des étrangers. On pourra faire toutes les préconisations et toutes les politiques culturelles possibles, il n’en reste pas moins que pour qu’une ville soit réellement interculturelle, elle a besoin que l’ensemble de ses habitantes et habitants puissent en définir l’orientation politique. Inclure les dits étrangers dans le processus démocratique et citoyen est une clé de réussite indispensable. Il semble que nous devions encore attendre… mais tout dépendra de la majorité parlementaire !

Je vous remercie,

Publié le

19 mai 2017

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