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L’émancipation par la culture doit être la boussole de nos politiques publiques culturelles

Danièle Prémel insiste sur notre conception de la culture comme processus d’émancipation, de pratique culturelle et de liberté dans lequel les politiques publiques, la Ville de Paris, doivent être et rester centrales.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire, chers collègues,

Mon intervention portera sur notre conception de la culture comme processus d’émancipation, de pratique culturelle et de liberté dans lequel les politiques publiques, la Ville de Paris, doivent être et rester centrales. Pour cela, j’aborderai le rôle de l’éducation populaire dans la culture.

L’éducation populaire, comme la culture, ont en commun une démarche qui vise à apprendre et comprendre toutes les formes nouvelles de la vitalité créative, que ce soit celle des artistes ou celle des concitoyens. Toutes les deux permettent de renforcer notre capacité de voir et de donner à voir la réalité dans toutes ses facettes. Toutes les deux nous accompagnent dans l’univers du beau, de l’imaginaire et du savoir dont tout le monde a besoin, non pour oublier la dureté et les difficultés de la vie quotidienne, mais pour la regarder autrement et faire naître le désir de la transformer. L’éducation populaire contribue à l’appropriation de l’ensemble du processus culturel. Il s’agit de permettre l’accès au plus grand nombre à la culture, de construire une démarche d’appréhension des lieux à la disposition des publics, de développer des pratiques culturelles, de favoriser les pratiques amateurs.

Le travail de mise à disposition de l’histoire de Paris sous forme d’expositions, de colloques, comme le fait Catherine VIEU-CHARIER, participe pleinement à cette démarche. Pour cela, il faut identifier l’ensemble des structures, des organisations, des réseaux de toutes tailles qui facilitent le chemin des lieux culturels, la compréhension de l’œuvre et les pratiques culturelles. Nous avons un rôle à jouer pour construire, avec ces entités, des réflexions et des objectifs partagés. La culture pour tous est un enjeu démocratique fort. Les inégalités sociales participent chaque jour à l’appauvrissement culturel. L’éducation populaire permet l’action par la demande sociale et l’enrichissement des cultures.

Je donnerai comme exemple l’université populaire de la musique que nous menons depuis 4 ans en mairie du 18e arrondissement sous forme d’un cycle d’ateliers, de conférences, de concerts ouverts à tous et à tous les jeunes, anciens et vieux, amateurs et novices. Initiative qui a pour ambition de faire partager et de s’ouvrir à la musique classique et contemporaine dans un cadre pédagogique et interactif. Mais l’éducation populaire ne s’enferme pas au seul espace de la cité. Elle traverse aussi le monde du travail. L’entreprise est un lieu de création, de richesse et de plus-value, mais aussi un lieu de vie sociale et, à ce titre, on ne peut laisser de côté les enjeux culturels liés au monde du travail. C’est particulièrement vrai à Paris. La Ville de Paris a un rôle à jouer dans leur direction.

Depuis longtemps, le mouvement syndical a travaillé sur la question travail et culture. Aussi, les liens doivent être tissés avec les comités d’entreprise qui contribuent à favoriser l’accès à la culture au sein du monde du travail. Par exemple, un programme d’installation d’artistes en résidence dans toute une diversité de disciplines, dans toute une série d’entreprises, permettrait de créer des liens en matière d’éducation et d’accès culturel. Mais aussi en favorisant de nouvelles connexions entre les artistes, les associations et les comités d’entreprise.

Par ailleurs, il faut également savoir créer et inventer des coopérations nouvelles avec nos bailleurs sociaux, afin de promouvoir la culture auprès des populations des quartiers populaires.

Paris, capitale et métropole, doit se questionner au-delà de ses quartiers, de ses cités, de ses entreprises, sur son rapport et sa vision de la culture au sein de la Métropole du Grand Paris. Il existe deux façons d’appréhender la dimension et la place de la culture dans le cadre de la Métropole du Grand Paris. La première considère la dimension culturelle en termes essentiellement d’attractivité économique et de consommation de masse qui apporterait une part de prestige et de divertissement à ces espaces de développement économique. La seconde, qui correspond à notre vision communiste, s’attache à l’équilibre et à la singularité des différents territoires et à leur histoire. Composée de territoires aux atouts culturels indéniables - musées, sites historiques, festivals locaux, compagnies artistiques, friches culturelles -, la culture, dans le cadre de la Métropole, par sa transversalité, a un impact fort sur le développement économique et social et le développement durable.

De la survie des structures culturelles locales et du tissu extrêmement varié et dynamique des acteurs culturels, aujourd’hui menacés, dépend la vitalité culturelle de la Métropole. Préserver et développer ce maillage et cette présence multiple et diversifiée, est l’une des priorités à laquelle Paris doit participer pleinement. Pour renforcer une politique culturelle entre la Métropole et Paris, il pourrait être mis en place un groupe de travail pour réfléchir et proposer, dans le cadre du SCOT, les axes et les pistes de travail pour développer les synergies et les complémentarités d’une politique culturelle.

Je terminerai mon intervention en espérant que ce débat sur cette communication soit un moment d’évasion et de culture qui nous grandit dans notre humanité et dans l’imaginaire que nous portons tous en nous.

Je vous remercie.

Publié le

4 mai 2018

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