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L’accueil des Gay Games met un coup de projecteur sur les luttes LGBTQI+ dans le sport

Malgré une omerta encore forte, le sport peut jouer un rôle majeur dans la reconnaissance des droits et la visibilité des personnes LGBTQI+. Les Gay Games 2018 à Paris sont une formidable opportunité de toutes et tous se mobiliser autour des valeurs d’ouverture, de respect, de diversité et de continuer à lutter contre les préjugés et les discriminations.

Retrouvez l’intervention de Sergio Tinti

Madame la Maire mes cher-es collègues,

C’est un moment important de notre Conseil. C’est la première fois en France qu’une ville se dote d’une stratégie LGBTQI+. C’est désormais pleinement un sujet de politiques publiques. C’est une avancée majeure pour la reconnaissance des droits des LGBTQI+.

Je voudrais à mon tour saluer le travail effectué par mon amie et camarade Hélène Bidard, votre adjointe en charge Adjointe à la Maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à l’égalité femmes/hommes, la lutte contre les discriminations et des droits humains qui, quotidiennement, se bat, agit pour que notre ville soit plus tolérante, plus inclusive et davantage bienveillante.

Le sport a toujours été un milieu dans lequel il est très difficile d’affirmer son homosexualité, sa bisexualité ou sa transsexualité. Il y perdure une LGBTphobie prégnante. Il suffit de se rendre dans les stades, d’écouter les vindictes supporter pour en être le malheureux témoin. Même si la tendance est à l’évolution des mentalités, ce sujet est encore tabou. La révélation de l’orientation sexuelle d’un ou d’une athlète peut anéantir sa carrière.

En 1990, Justin Fashanu, un anglais, est le premier joueur de football professionnel a révélé son homosexualité alors qu’il était encore en activité. Il a été immédiatement rejeté par ses coéquipiers, les supporters de son équipe et par la communauté sportive anglaise. Il se suicidera 8 ans plus tard après une énième campagne homophobe à son encontre.

Puisque se déroule en ce moment même Roland Garros, je voudrais saluer le courage de Martina Navratilova qui en 1981, alors qu’elle était la 3ème meilleure joueuse du monde, révéla son homosexualité. Elle est l’une des premières sportives à avoir fait son coming out.

Malgré une omerta encore forte, le sport peut jouer un rôle majeur dans la reconnaissance des droits et la visibilité des personnes LGBTQI+.

Le rapport 2018 de « SOS Homophobie » mentionne que l’organisation par Paris des Gay Games en 2018 souligne le soutien fort de la capitale dans la lutte contre les LGBTphobie. Les Gay Games 2018 à Paris sont une formidable opportunité de toutes et tous se mobiliser autour des valeurs d’ouverture, de respect, de diversité et de continuer à lutter contre les préjugés et les discriminations.
Je voudrais assurer de tout mon soutien et de celui de mon groupe et de son président qui s’est mobilisé autour du projet depuis de nombreuses années. Nous saluons l’initiative d’un vaste programme d’accompagnement de cette manifestation sportive sur la sensibilisation à la lutte contre l’homophobie dans le sport et en faveur de l’égalité des chances.

Le soutien financier de la ville à cet évènement est primordial, c’est ce que nous faisons avec 369 000 euros versés pour l’organisation des Gay Games.

Il s’agit, faut-il encore le rappeler, de la plus grande manifestation sportive et culturelle au monde ouverte à toutes et tous. C’est donc un formidable levier de rayonnement et d’attractivité pour notre ville, à 6 ans des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris, c’est une formidable répétition.

Beaucoup de participants, de spectateurs et de touristes viendront à Paris pour l’évènement. Naturellement se pose la question du tourisme LGBTQI+.
Il faut féliciter Jean Luc Romero pour la qualité de son rapport et rappeler la fiche 13 de la stratégie de relance du tourisme adoptée en novembre 2016 visant à structurer et promouvoir une offre de tourisme LGBT.

Nous pensons que pour bien accueillir la population touristique LGBT, il convient d’abord que les personnes LGBT parisiennes se sentent bien dans leur propre ville. Une récente enquête démontre que la population qui se revendique LGBT est deux fois plus importante à Paris que dans le reste de la France. Paris reste une ville refuge pour les LGBT de banlieue ou de province, esprit de tolérance et de liberté font de notre capitale un lieu plus sûr que d’autres régions de France. Mais qui n’est pas à l’abri de comportements, de propos ou d’actes LGBTophobes.

Les touristes étrangers comme les visiteurs de province doivent pouvoir être reçu dans de bonnes conditions. Cela signifie que la lutte contre les stéréotypes et les discriminations doivent être un axe essentiel de la formation des agents.
À ce titre la volonté de développer une « administration bienveillante » pour reprendre les termes de votre communication est une bonne chose.

Il convient aussi dans la logique touristique qui est la nôtre, de ne pas privilégier le seul tourisme à haut pouvoir d’achat, mais bien d’accueillir les étudiant-es ou les jeunes salarié-es qui doivent pouvoir trouver à se loger sans grever leur budget. Développons de « vraies auberges de jeunesse » adaptées à une jeunesse qui souhaite s’amuser et faire la fête.

Paris est une ville refuge mais également une ville festive. C’est un attrait important de notre ville. Nous pensons qu’il serait intéressant de réfléchir à l’installation de lieux associatifs et éphémères comme cela se fait en Italie à l’initiative de l’association « ARCI GAY ». Cette fidélisation d’un tourisme par le biais de l’adhésion à un coût même symbolique à des lieux de loisirs et de fêtes est peut être une piste à creuser.

Pour finir madame la Maire, je voudrais redire l’importance de se doter de cet outil de politiques publiques pour lutter contre toutes les LGBTphobies et continuer le combat pour la reconnaissance des droits.

Je vous remercie.

Publié le

6 juin 2018

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