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Intervention de Ian Brossat sur la ZAC Clichy-Batignolles

Monsieur le Maire, chers collègues,

Au moment d’examiner cette délibération, je voudrais rappeler notre ambition d’un Paris pour tous. Une ambition qui vise à la fois une mixité sociale et de fonctions, le respect d’une dimension métropolitaine, et une volonté très forte de développement durable, humain, urbain et écologique. Sur un territoire aussi important que la ZAC Clichy Batignolles, qui constitue l’essentiel des 53 hectares laissés libre par la réorganisation de ses activités traditionnelles, logistiques et ferroviaires, cette ambition a l’occasion de s’exprimer à grande échelle. La ZAC Clichy Batignolles est un endroit rare. Un moment important pour la municipalité, ce qui explique très certainement les réactions irritées, sinon vitupérantes, de nos collègues de droite.

Notre projet est ambitieux. Il prévoit une diversité d’activité et des équipements publics importants pour le dix-septième arrondissement, et pour tout Paris. Il définit les contours du futur Palais de Justice de Paris. Il crée de toute pièce un grand espace vert au Nord-Ouest de notre Ville, le parc Martin Luther King. Et surtout, la ZAC Clichy Batignolles s’inscrit dans une réponse forte que nous entendons donner à ce qui est la plus importante difficulté des Parisiens aujourd’hui : le logement. 2610 nouveaux logements sont prévus, dont 1380 participent d’une logique social. C’est-à-dire 53 %. Une part importante, une part nécessaire. Une victoire pour tous les Parisiens à laquelle le Groupe communiste et élus du parti de gauche est fier d’avoir apporté son enthousiasme et ses convictions. Car aujourd’hui, à Paris, capitale de la vie chère selon l’enquête « prix et salaires 2011 de l’UBS », où la spéculation immobilière bat records sur records, le logement social est la seule solution pour beaucoup de Parisiens qui veulent continuer à habiter leur ville.

Malheureusement, nous le savons, la droite n’aime pas le logement social. Même quand elle prétend n’avoir rien contre. Ainsi Thierry Couderc, par exemple, qui a répété plusieurs fois qu’il n’était pas de ceux qui sont opposé au logement social par principe. Et pourtant. Les réflexes idéologiques ont la vie dure. Quand vous signez la pétition de la Maire du dix-septième, odieusement intitulée « Stop au massacre des Batignolles », vous vous associez à des amalgames consternants. Le logement social, c’est la délinquance, la drogue – une « bombe en puissance », je vous cite, « une cité de banlieue » à Paris. Je me souviens de l’une de vos inquiétudes, exprimée à plusieurs reprises, dans la presse : le prix de l’immobilier. Et s’il baissait ? Moi, je vous l’avoue, ce qui m’inquiète, c’est plutôt qu’il monte. C’est pourquoi nous construisons des logements sociaux, d’ailleurs.

La droite parisienne est prévisible, en dépit de ses petits arrangements cosmétiques. Depuis dix ans, quand la Ville dit « logement social », les élus de droite reprennent tous en cœur la même petite musique : « oui, mais pas chez moi » ; « oui, mais pas trop ». On ne saupoudre pas la solidarité. On l’embrasse ou on la méprise. Vous, vous la méprisez. Et vous méprisez depuis longtemps cette ZAC Clichy Batignolles qui porte un nouveau modèle de développement urbain, une conception volontariste du logement pour tous, des équipements publics et des services, du développement durable, social et écologique. A ce titre d’ailleurs, mon groupe voudrait rappeler qu’il est particulièrement vigilant en ce qui concerne la plateforme de fret prévue dans ce nouveau quartier, dans la continuité des activités de la SNCF. Nous déposons un vœu en ce sens. Ce quartier sera écologique, il sera solidaire, il sera exemplaire. Ne vous en déplaise.

Je vous remercie.

Publié le

19 octobre 2011

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