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Intervention de Didier Le Reste sur l’adoption des projets pour les quartiers populaires

Séance du Conseil de Paris du 14, 15 et 16 décembre 2015

Madame La Maire
Chers collègues,

Le 13 novembre dernier ce sont bien nos quartiers populaires qui ont été touchés, dans deux arrondissements où la mixité sociale est le quotidien, où la diversité culturelle est revendiquée et où le vivre ensemble est défendu.

Travailler collectivement avec les habitants, avec les associations et tous les acteurs de la vie locale pour les Parisiens des quartiers populaires est plus que jamais indispensable. Les initiatives populaires, festives et familiales sont, aujourd’hui, encore plus qu’hier, utiles aux habitants.

Les habitants de nos quartiers populaires ne sont pas d’une religion ou d’une autre, ne sont pas français ou étrangers, ils sont Parisiens.

Et c’est ensemble, sans exclusive ou distinction, avec bienveillance et solidarité que les habitants gèrent l’impact de ces tueries sur leur vie, celle de leur voisin et celle de leur quartier.

Et c’est collectivement que nous devons continuer à gérer l’après.

En tant qu’élu en charge de la politique de la ville et de l’intégration, je suis plus convaincu que jamais de l’intérêt des actions que nous menons tout au long de l’année avec les agents de la ville, avec le tissu associatif, avec les habitants pour que chaque Parisien trouve sa place, ait accès à la langue, à la culture, à la santé, à tout ce qui permet de vivre sereinement en société.

Je ne vais pas rentrer dans le détail des projets, il revient aux élus sur le terrain, d’apprécier les propositions en fonction des spécificités locales.

C’est le sens de la politique de la ville, la finesse dans l’application pour être au plus près des besoins.

Mais il était important que ces projets de territoires puissent être votés en Conseil de Paris.

C’est l’occasion de rappeler l’engagement de la Ville de Paris pour ses quartiers populaires et pour une politique de la Ville ambitieuse.

Ces projets ont été réalisés de manière participative et citoyenne ainsi qu’avec de nombreux acteurs institutionnels, et je suis persuadé, que si nous en saisissons à la hauteur de ce qu’ils méritent, ces projets nous seront utiles pour œuvrer pour les quartiers populaires de Paris.

En tant qu’élu en charge de la politique de la ville dans le 10ème je tiens à saluer le travail considérable réalisé pour permettre l’élaboration de ces feuilles de route locales.

Le travail des agents de la mission politique de la Ville tout d’abord, dont je souhaite que les revendications en matière d’amélioration des conditions de travail soient entendues.

Les équipes de développement local n’ont pas elles aussi ménagé leurs efforts. C’est le sentiment que j’ai dans le 10ème et les échanges que j’ai pu avoir les derniers mois avec les différents élus en charge de la politique de la ville vont dans le même sens. Les EDL se sont pleinement impliquées dans cette démarche et ont travaillé efficacement pour créer les conditions d’un dialogue positif avec les habitants et les associations. Ils ont réalisé un travail de qualité avec le souci d’être le plus près possible de la parole des habitants. Je tenais à signaler cet engagement.

Je tiens également à saluer le travail des associations, nous leur demandons beaucoup avec la multiplicité des démarches de concertations de la Ville de Paris. Mais le tissu associatif, malgré parfois un certain essoufflement, continue à se mobiliser notamment dans les quartiers populaires et s’est impliqué positivement dans la démarche.

Tout comme le contrat de ville, le projet de territoire n’est plus un travail bilatéral entre l’Etat et la Ville. Et les « nouveaux » signataires du contrat de ville ont joué le jeu. C’est, j’espère, un bon signal pour l’avenir et l’implication de chacun. C’est aussi le sens de la politique de la ville, une coopération renforcée de l’ensemble des acteurs publics pour les quartiers qui nécessitent plus d’attention.

Aujourd’hui, maintenant que les citoyens ont rempli leur part du travail, il revient aux différents signataires du contrat de ville de mobiliser les outils à leur disposition pour permettre aux projets de se concrétiser.

C’est le sens du vœu rattaché que nous avions déposé au Conseil de Paris de novembre et qu’il nous a semblé important de maintenir.

Ce vœu a été adopté en Conseil d’arrondissement du 10ème le 2 novembre 2015, mais il n’est pas spécifique au 10ème.

En effet il convient de se donner les moyens de réaliser les propositions co-construites avec les habitants.

La Maire de Paris lors du débat d’orientation budgétaire a rappelé l’engagement de la Ville de Paris à continuer à financer les actions réalisées en matière de politique de la Ville pour les quartiers populaires.

Mais des inquiétudes existent, notamment pour les associations, concernant les engagements financiers de l’Etat. La réforme de la politique de la Ville n’est peut-être pas complètement digérée, et cette première année de transition continue à laisser des zones de flous et d’incertitudes.

Et ce d’autant plus que les versements des subventions de l’Etat ont été cette année effectués particulièrement tard. C’est nous l’espérons exceptionnel, mais ces retards sont source d’un stress important pour les structures, notamment les plus fragiles.
Par ailleurs, et le vœu de l’exécutif précise ce point, nous sommes de plus en plus inquiets, concernant le financement des cours d’apprentissage de la langue.

Compte tenu des ces éléments, nous sommes tout à fait favorable au vœu de l’exécutif qui développe la question, importante du financement des ASL, tout en reprenant les autres préoccupations exprimées dans le vœu du 10ème.

Il est essentiel de pouvoir conserver un accueil le plus large possible dans les cours de français. L’apprentissage de la langue est la clé de toute intégration, et nous ne pouvons laisser qui que ce soit sur le pas de la porte en la matière.

Il nous semble essentiel à la fin de cette première année de transition des CUCs vers le contrat de ville et lorsque nous lançons les projets de territoire, le Conseil de Paris s’exprime sur la question des moyens alloués aux quartiers populaires par les différents signataires du contrat de ville et ce afin que les projets réalisés avec les citoyens, ne soient pas lettre morte et puissent se concrétiser pour le bien de toutes les Parisiennes et tous les Parisiens.

Je vous remercie.

Retrouvez le vœu sur le financement de la politique de la Ville par l’Etat

Publié le

16 décembre 2015

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