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Intervention d’Emmanuelle Becker sur le rapport de la Mission d’Informations et d’Evaluation sur les Familles Monoparentales Parisiennes présenté par Ian Brossat

Rapport de la mission d’information et d’évaluation sur les familles monoparentales à Paris : état des lieux et perspectives
Intervention d’Emmanuelle BECKER pour le Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche

Monsieur le Maire, chers collègues,

La Mission d’information et d’évaluation sur les familles monoparentales à Paris nous présente aujourd’hui son Rapport final et ses préconisations afin d’améliorer leur situation. Il était important que notre collectivité s’empare de cette question des familles monoparentales, dont le nombre est en très forte progression à Paris.

Je tiens tout d’abord à saluer la qualité des travaux de cette mission présidée par Ian Brossat, menée dans l’écoute et le respect de la diversité des sensibilités politiques, aboutissant d’ailleurs à un vote à l’unanimité. Je note, à cette occasion, que cette unanimité avait également été obtenue lors de la précédente Mission d’information présidée par mon Groupe. Lors des ces travaux, plus de vingt auditions ont été menée, auxquelles ont participé organismes sociaux, adjoints au Maire de Paris, juristes, sociologues, représentants d’associations familiales, représentants de bailleurs sociaux et membre du Gouvernement. Des visites de terrains ont en outre permis de prendre en compte les réalités vécues par les familles monoparentales et les dispositifs municipaux ou associatifs en place pour les soutenir.

La Mission a rendu compte de manière précise et argumentée des enjeux humains qui touchent ces parents seuls, en grande majorité des mères, lesquelles font face à des difficultés quotidiennes qui se cumulent au niveau des finances, de la garde des enfants, de l’organisation de la vie de famille, des conditions de logement.

Comme l’indique le Rapport de la Mission, ces familles présentent en effet des facteurs de fragilité qui les exposent davantage à des situations de précarité. Les chiffres en ce domaine sont éloquents : alors que 13,5 % des familles avec enfants se situent sous le seuil de bas revenus à Paris, la proportion atteint les 40% parmi les familles monoparentales. Les mères de familles monoparentales sont plus souvent au chômage que les mères en couple, 15% pour les premières contre 8% pour les secondes. Selon la CAF, la part des familles monoparentales dans l’ensemble des bénéficiaires des minima sociaux a augmenté de 30% en 10 ans. Pire, selon le rapport 2010 des Restos du Cœur, on note que les familles monoparentales représentent 35% des bénéficiaires. Un dernier chiffre permet de conclure ce terrible bilan de la situation des familles monoparentales en France : sur un panel de 17 pays européens, la France arrive en queue de peloton, seulement 11e dans le « Tableau du classement de la pauvreté des enfants parmi les nations riches ». La pauvreté et le chômage : c’est bien cela qu’il faut combattre et dénoncer comme le cancer de la société, et non les minima sociaux qui protègent déjà difficilement les plus vulnérables d’entre nous d’un sort encore plus difficile !

Aussi je souhaite insister sur l’importance de prendre en compte les difficultés spécifiques aux mères de familles monoparentales les plus éloignées de l’emploi pour se remobiliser dans un parcours d’insertion, comme le préconise le Rapport de la Mission. Une initiative de terrain, dans le 18e arrondissement, a retenu toute notre attention : il s’agit du « Salon social Joséphine » qui reçoit des femmes isolées, mères de familles monoparentales pour la grande majorité, souvent en perte de confiance. Par les soins cosmétiques et le prêt de vêtements neufs, notamment à l’occasion d’entretiens d’embauche, l’estime de soi et la confiance renaissent, la parole se libère, une dynamique s’enclenche durablement. Je salue à cette occasion le soutien particulier que Seybah Dagoma apporte à cette structure de l’économie sociale et solidaire et je ne doute pas qu’elle exprimera un avis favorable au vœu de Ian Brossat visant à renforcer encore notre soutien dans ce domaine.

Enfin, je salue une initiative innovante qui répond directement aux difficultés auxquelles les parents de familles monoparentales sont confrontés, concernant l’accompagnement des enfants à l’école le matin et le soir. Ces parents ne peuvent pas compter sur une gestion de la vie familiale partagée quand les horaires de travail commencent tôt ou finissent tard. En outre, les travaux de la Mission ont mis en évidence qu’en raison des ressources financières plus faibles des familles monoparentales, les mères de familles doivent renoncer plus que les autres aux emplois en temps partiel choisi, qui pourraient leur offrir plus de souplesse par rapport aux horaires scolaires de leurs enfants. C’est pourquoi j’exprime tout mon soutien à l’expérimentation du dispositif de ramassage scolaire pédestre « Pedibus », qui fait également l’objet d’un vœu rattaché à cette délibération, et qui proposera aux parents, en particulier seuls, une prise en charge simple et conviviale de leurs enfants pour les mener à l’école.

Pour conclure, je me félicite que notre collectivité, dans la diversité de ses composantes politiques, se soit attachée, grâce aux travaux accomplis par cette Mission, à cerner au plus près la situation des familles monoparentales et propose des dispositifs répondant à la diversité de leurs besoins, comme en témoignent ces deux dispositifs, auxquels je souhaite plein succès.

Je vous remercie.

Publié le

18 mai 2011

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