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Intervention d’Emmanuelle Becker sur la rentrée scolaire à Paris

Intervention d’Emmanuelle Becker sur la rentrée scolaire à Paris, en séance du Conseil de Paris du 28 septembre 2010.

Monsieur le Maire, chers collègues,

Cette communication de rentrée scolaire est pour nous l’occasion de débattre de la situation de notre école publique.

A plusieurs reprises, et dans cette assemblée, le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche est intervenu pour dire sa forte inquiétude. Nous avons présenté plusieurs propositions, et dénoncé à de nombreuses reprises la politique de casse de l’école publique entreprise par le gouvernement actuel.

Cette rentrée scolaire, dans un contexte social explosif, a été marquée par quatre grèves des personnels de l’Education Nationale, les 6, 7, 15 et 23 septembre derniers, suivies jusqu’à 60%. Malgré cela, le gouvernement reste sourd.

Sourd, également aux rapports sortis de ses propres services. Comme un récent rapport de l’Inspection Générale de l’Administration de l’Education Nationale, qui dénonce, je cite : « une rentrée qui prépare assez peu l’avenir », du fait d’une réforme qui, en plus de « créer des tensions », se fait « au détriment des collèges ».

Cette réforme signe le profond mépris que le gouvernement porte à l’école publique.
• Mépris, quand on compte 700 nouveaux élèves à Paris, pour trois postes d’enseignants créés ;
• Mépris, quand la hausse du nombre d’élèves par classe devient un objectif économique à atteindre ;
• Mépris encore quand, à cette rentrée 170 nouveaux enseignants à Paris, dont 44 jeunes affectés en Réseau d’Éducation Prioritaire, n’ont pu bénéficier de la formation pédagogique nécessaire ;
• Mépris toujours lorsque l’assouplissement de la carte scolaire en finit avec la mixité sociale des collèges.

Ce choix politique de la droite, ce choix idéologique, refuse de considérer l’école publique comme émancipatrice, alors qu’elle est indispensable à toute avancée sociale collective.

Au nom d’une idéologie qui prône la mise en concurrence des hommes et des territoires, nous subissons un démontage minutieux et programmé de l’ensemble de nos services publics. Nous parlons aujourd’hui de l’école, et je pense également à l’école maternelle mais nous pourrions en dire de même de l’hôpital ou de la justice, et de l’ensemble de notre système social.

Face à ce gouvernement qui veut une école des riches et une école pour pauvre, notre majorité de gauche à Paris continue de défendre l’école pour tous et ses principes d’égalité.
A ce titre, la réforme de la restauration scolaire que nous avons adoptée en juin dernier abaisse les tarifs de cantine pour 65% des Parisiens issus des classes moyenne et populaire.
Cette harmonisation parisienne des tarifs, qui bénéficie au plus grand nombre, bien sûr, les Maires des arrondissements de droite, n’en veulent pas. Et, de manière totalement irresponsable, ne l’ont pas appliquée.

Le service public de la restauration scolaire reste pourtant le meilleur moyen que tous les enfants aient accès le midi à une alimentation de qualité et respectueuse de leurs besoins alimentaires.

Du reste, une récente étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) nous apprend que l’obésité infantile est en recul en France, sauf dans quelques régions et dans les zones d’éducation prioritaire. Il y a un lien entre les conditions sociales et la santé publique. Cette étude le confirme une nouvelle fois.

C’est pourquoi un service public de restauration scolaire de qualité doit répondre, pour nous, à une triple exigence : à la fois sociale, sanitaire et environnementale.

Par un vœu, nous proposons ainsi d’encourager les caisses des écoles à avoir recours à des produits issus de la vente directe. Notre assemblée s’est déjà prononcée plusieurs fois en faveur de ces circuits courts de vente des producteurs aux consommateurs. L’apport social comme qualitatif de ces produits est considérable.

La qualité de vie et d’enseignement dans les bâtiments scolaires est, elle aussi, un axe central pour une politique sociale et sanitaire ambitieuse. Notre majorité à Paris fait le choix d’investir près de 130 Millions d’Euros dans l’entretien et l’amélioration des écoles primaires de la Ville. Les travaux de mise en accessibilité de l’ensemble des bâtiments scolaires pour l’accueil des enfants porteurs de handicap sont un effort nécessaire. Cependant je tiens à rappeler que cet accueil nécessite également des personnels qualifiés et en nombre suffisant. Force est de constater que le gouvernement est une fois de plus absent sur cette question.

Enfin, je souhaite insister sur le besoin de développer un accueil périscolaire d’excellence. Nous initions dans ce domaine des partenariats ambitieux avec divers établissements culturels, et je pense, entre autres, à l’opération « l’art pour grandir » et à son résultat qu’a été la belle exposition « au pays des musées ».

Nous sommes là aux antipodes des visées minimalistes de l’UMP, et de son Service Minimum d’Accueil dans les écoles. Pour eux, l’école est une garderie sans ambitions. Pour nous, elle a une vocation pédagogique, émancipatrice, qui nécessite des personnels et des enseignants en nombre suffisant, en bref des professionnels qualifiés pour remplir une mission de Service public.

Je vous remercie.

Publié le

1er décembre 2010

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