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Intervention Raphaëlle Primet sur la subvention à l’association "Kiosque Infos Sida et toxicomanie"

Intervention en séance du conseil de Paris des 15, 16, 17 et 18 décembre 2014

6 400 personnes se découvrent séropositives chaque année en France. Le virus touche 150 000 personnes dans l’hexagone. 40 000 personnes ignorent leur séroposivité faute d’avoir fait le test.

L’étude Harris Interactive pour la mutuelle étudiante Smerep, diffusée pour la Journée mondiale contre le sida révèle que un tiers des étudiants (33 %) déclarent ne jamais porter de préservatif, en hausse de 3 points par rapport à 2013 ; seulement un autre tiers en utilisent systématiquement un, contre 41 % l’an dernier ; et 33 % encore n’effectuent jamais de test de dépistage du VIH en cas de changement de partenaire .
La Génération sida, qui a débuté sa vie sexuelle dans les années noires de la maladie entre 1981 et 1995, a bénéficié plus longtemps que les jeunes d’aujourd’hui de campagnes de prévention et d’une visibilité de l’épidémie plus importante.

Autre fait, les femmes de plus de 50 ans ont deux fois plus de risques d’être contaminées que les hommes. Selon le Dr Karine Lacombe, infectiologue au CHU Saint-Antoine à Paris, ces dernières « n’ont pas le réflexe du préservatif » lorsqu’elles font de nouvelles rencontres après un divorce ou une séparation.

L’association Kiosque Infos sida et toxicomanie souhaite poursuivre ses actions de prévention des conduites à risques addictives, face à la recrudescence des comportements à risque.

L’attribution d’une subvention de 107.000 euros à l’association a justement pour vocation essentielle d’offrir un espace de documentation, d’écoute et de conseil sur le VIH/Sida, les infections sexuellement transmissibles et les conduites de dépendance.
Les problématiques liées au VIH/Sida disparaissent des préoccupations des jeunes non issus de la génération Sida. Il est important de continuer ces campagnes de prévention. Certes, la médecine a évolué, les malades peuvent vivre de plus en plus « normalement » avec cette maladie mais celle-ci ne s’éteint jamais et touchent aussi l’entourage et l’espoir d’une vie à construire.

Les pouvoirs publics ont le devoir d’agir et la prévention reste le moyen le plus efficace face à cette maladie.

Le travail qu’effectue l’association est considérable. Elle développe des actions en milieu scolaire. Elle déploie ses actions de prévention au sein de milieu festif communautaire plus touché par la maladie. Elle met à disposition du matériel, écoute, informe et soutient tout en respectant l’anonymat de chacun mais surtout avec le plus grand respect, toujours sans jugement.

Il nous est tous arrivé à un moment de notre vie d’avoir eu un comportement à risque, d’avoir oublié l’espace d’un instant cette maladie.
Comment aurions nous pu appréhender cette conduite sans une écoute attentive et bienveillante ?
N’oublions pas ces chiffres……chaque année, près de 6 400 personnes découvrent leur séropositivité, dont 12 % de moins de 25 ans.

La prévention et le préservatif restent nos seuls armes contre cette maladie…alors combattons de toutes nos forces.

Je terminerai en demandant à M. Jomier en charge de la santé et Mme Lemardeley en charge de la vie étudiante, si une campagne parisienne de prévention est prévue compte tenu des chiffres alarmants qui nous sont livrés ?

Publié le

18 décembre 2014

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