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Hommage à Michèle CAMOUS

Je voudrais commencer par rendre hommage à Michèle Camous, dire quelques mots pour son mari, pour sa sœur, son fils, ses petits-enfants et toute sa famille tant notre peine est immense et leur apporter tout notre soutien.

Nous perdons une femme qui était tout au long de sa vie une grande dirigeante du parti à Paris, une élue exemplaire et une militante de terrain infatigable.

Michèle Camous a exercé des responsabilités politiques pendant plus de 50 ans. Militante aux Jeunesses communistes, à l’Union des femmes françaises, dirigée à l’époque par Marie-Claude Vaillant-Couturier et Jeannette Vermeersch, elle a été membre de la direction de la fédération de Paris jusqu’à l’an dernier. Elle a exercé plusieurs responsabilités en charge de la Commission féministe et des lieux de travail. Elle était une militante active de la Commission nationale des droits des femmes et féministes du parti communiste, elle était fidèle parmi les fidèles, présente à toutes les mobilisations féministes et seule la maladie l’avait éloignée des initiatives de sa commission ces derniers mois.

Michèle a été élue conseillère de Paris en 1971 et jusqu’à 1983. Elle fut à l’époque l’une des plus jeunes conseillères de Paris aux côtés de Paul LAURENT, Alain LHOSTIS et de Roland WLOS.

Leur priorité à l’époque c’était la défense des locataires dans le 19e arrondissement. Ils étaient présents au pied des immeubles dès qu’une famille était menacée par une expulsion locative. Michèle fut souvent la colistière de Paul Laurent à de nombreuses échéances électorales dans le 19e. Elle a été candidate à de nombreuses reprises, à quasiment toutes les élections, qu’elles soient municipales, régionales, législatives, et ce jusqu’en 2002 où elle a été notre candidate dans la 8e circonscription du 12e arrondissement avant de me passer le témoin en 2007. Evidemment, elle a été de toutes les campagnes électorales jusqu’à ces derniers jours, elle a participé activement à la conquête du 12e arrondissement à gauche en 20001, puis en 2008, et encore dernièrement en 2014.

Au-delà de son engagement d’élue, c’était une militante infatigable sur le terrain. Après son mandat d’élue, Michèle Camous est retournée à son travail. Employée de la banque Rothschild devenue banque Barclays. Elle militait au sein de la Barclays dans le 12e, où elle avait occupé des responsabilités syndicales à la CGT, et beaucoup de salariés encore aujourd’hui lui manifestaient une réelle sympathie et un très grand respect. Elle était d’ailleurs fortement écoutée par les cadres de la banque.
Son engagement féministe a continué. Elle a été de toutes les batailles parisiennes, pour la contraception, pour le droit à l’IVG, l’égalité des salaires, la lutte contre le sexisme et contre les violences faites aux femmes.

Elle a participé à de grandes batailles de la défense des hôpitaux de Paris, notamment de l’hôpital Saint-Antoine quand chaque service était menacé, de l’hôpital Trousseau, de l’hôpital Tenon et dernièrement elle participait activement et elle avait été à l’origine avec certains à la création de l’association "Touche pas aux Bluets" pour défendre la maternité des Bluets.

Elle était aussi engagée ces derniers temps auprès des artisans du tunnel Baron Le Roy dans la future Z.A.C. "Bercy-Charenton".

Au sein de la section du PCF du 12e, elle était un point de repère, un exemple pour les jeunes générations. Elle analysait toujours avec finesse la situation politique et l’état des rapports de force. Sa parole était toujours réfléchie et venait après l’écoute attentive de ce que disaient les autres autour de la table. Elle avait le souci de la pédagogie politique, de la compréhension par toutes et tous de pourquoi les communistes se battaient, c’est quoi notre moteur ? Pour Michel, c’était simple : l’injustice, la misère, la souffrance des plus pauvres, alors que les plus riches se gavent.

Elle a toujours eu le souci de transmettre et d’être toujours claire et argumentée dans le propos et dans les écrits. Elle avait une exigence de l’écriture, une rigueur incroyable, la précision du titre, des arguments développés et surtout la féminisation des mots sur laquelle elle était intransigeante.

Ces exigences, Michèle les avait pour la politique, pour les idées communistes mais surtout pour que la politique soit quelque chose de facile à comprendre, soit familier du quotidien, de la vie de chacun, une exigence particulière et une sincérité pour la défense des intérêts des habitants des quartiers populaires.

Nous nous souviendrons toujours de ses conseils avisés, de son écoute, et nous perdons aujourd’hui une camarade, une grande dirigeante mais surtout une amie.

Publié le

16 octobre 2017

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