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Garantir le droit à la mobilité

La mobilité est un droit. Toutes les Parisiennes et tous les Parisiens doivent être libres et égaux devant la mobilité, qu’il s’agisse d’aller au travail, de ses petits déplacements de tous les jours, ou de jouir des biens communs et des services publics qui leur sont essentiels. La ville, comme ses habitants, doit être mobile. Or les temps changent : le tout voiture n’est plus de mise et la diminution de toutes les pollutions est un devoir pour la collectivité. C’est pourquoi, il nous faut inventer des modes de déplacement et de transports, mettre en œuvre des nouvelles mobilités d’aujourd’hui à l’échelle de toute la cité. A chaque fois que notre collectivité réduit la place de la voiture, elle doit accroître l’offre de transports alternative.

Qui dit mobilité, dit évidemment transports publics. Paris a besoin aujourd’hui de remettre à plat et de rénover toute une partie de son réseau en fonction des nouveaux besoins des Parisiens et des Franciliens. La gestion de l’entreprise publique RATP doit donc être orientée par ces besoins et non par des objectifs de rentabilité financière et elle doit être démocratisée. Nous proposons :

(13) De créer un Pass Navigo unique en Île-de-France au tarif de la zone 1-2. Il s’agit de mettre fin à une injustice : ceux qui ont les temps les plus longs de transport, et bien souvent les pires conditions, sont ceux qui paient le plus. Cette zone unique serait financée par l’harmonisation par le haut du versement transport, la contribution des entreprises au transport en commun, puisqu’elles sont les premières à profiter de l’amélioration des transports publics.

(14) De renforcer l’offre de transports en commun en rénovant le réseau de métro et RER et en prolongeant huit de lignes de métro, pour réduire la place de la voiture entre Paris et les communes voisines. Sont concernées la ligne 1 jusqu’à Val-de-Fontenay, la ligne 4 jusqu’à Saint-Ouen, la ligne 5 jusqu’à Drancy, la ligne 9 jusqu’au haut de Montreuil, la ligne 7 jusqu’au Bourget, la ligne 10 jusqu’à Vitry-sur-Seine, la ligne 11 jusqu’à Noisy-Champs, la ligne 12 jusqu’à Issy-les-Moulineaux, au sud, et jusqu’au Parc de la Courneuve au nord. Pour dé-saturer la ligne 13, nous proposons de rendre autonome sa branche ouest ; ceci permettra de prolonger la ligne au Nord jusqu’à Stains. Nous pensons également essentiel de réhumaniser le réseau de métro et RER pour assurer une égalité d’accès aux usagers. Nous proposons également de réactualiser la carte générale des lignes de bus, afin notamment de mieux desservir le Nord et l’Est de Paris, dont certains quartiers sont aujourd’hui particulièrement enclavés.

A l’origine de ce développement nécessaire des transports publics, la révolution des mobilités urbaines. Depuis le début des années 2000, à Paris comme dans la plupart des grandes villes d’Europe, la place de la voiture diminue. En cause : la lutte contre toutes ses pollutions (sonore et atmosphérique), mais aussi le prix du carburant et un changement des mentalités. La ville de demain doit être plus douce, moins bruyante, plus harmonieuse. Il faut surtout préparer et équiper Paris, accompagner les déplacements de tous les usagers de l’espace public dans la cité. C’est pourquoi, nous proposons notamment :

(15) De refuser le péage urbain à l’entrée de Paris. Cette mesure ferait de Paris une ville enfermée dans ses murs, au moment où au contraire, l’heure est à l’essor d’un Grand Paris solidaire et démocratique. Elle punirait les habitants de banlieue qui sont contraints d’utiliser leur voiture pour aller au travail.

(16) De poser un revêtement antibruit sur toute la chaussée du périphérique afin d’en diminuer drastiquement les pollutions sonores.

(17) De rendre aux Parisiens la jouissance d’un certain nombre d’espaces publics que la circulation condamne aujourd’hui. Les Parisiennes et les Parisiens doivent pouvoir réinvestir de grandes places, notamment, comme la Bastille, Nation, Montparnasse, la place Denfert-Rochereau et l’avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy, à la fois pour leurs loisirs, leurs flâneries et leurs activités militantes. L’espace urbain doit être mieux partagé.

Enfin, aujourd’hui, on constate dans Paris des types de véhicules et de circulations très différentes, qui cohabitent non sans confusion, parfois. Nous pensons qu’un certain nombre de réajustements sont possibles, afin de rendre la ville plus agréable à tous. Nous proposons :
(18) De créer un réseau de garages à vélo sur tout le territoire parisien. Pour tous les cyclistes qui ne disposent pas, chez eux ou près de leur lieu de travail d’un espace (ou d’un système) sécurisé pour leur vélo. Les véhicules changent, leur rangement ou leur parking doit évoluer avec eux (voir la proposition suivante, ainsi que notre chapitre « Services Publics » au sujet des deux-roues motorisés).

(19) De lancer la construction de cinq espaces de logistique urbaine sur le territoire parisien. A l’image de ce qui existe déjà, Place de la Concorde, dans le 1er arrondissement, et au Front de Seine, dans le 15e arrondissement, ces espaces permettent le déchargement des marchandises en un seul endroit, avant leur distribution dans le quartier ou l’arrondissement par d’autres modes de transports plus doux. Les transporteurs seraient ainsi délivrés d’un déchargement difficile dans Paris, et la circulation s’en trouverait fluidifiée. Nous proposons parallèlement de développer une alternative au fret routier : par les canaux, le fleuve et la petite ceinture ferroviaire en premier lieu au Nord et à l’Est, notamment. Aujourd’hui, le fleuve n’achemine qu’une infime partie des marchandises à Paris. L’essentiel se passe encore sur les routes d’Île de France et dans l’agglomération, avec la pollution et les difficultés que l’on devine. Il convient d’y remédier.

Publié le

23 mai 2014