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Engager l’acte II de la reconquête du service public

La ville est notre bien commun. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de services liés à la vie en ville ne sauraient relever d’une gestion autre que publique. Plus que jamais, en cette période de crise, le service public est le garant de l’égalité d’accès aux droits fondamentaux.

Comme d’autres villes françaises, Paris a fait l’expérience de la privatisation de ses services publics dans les années 80 et 90, favorisée par la proximité entre la droite alors aux responsabilités et un certain nombre d’entreprises privées. La privatisation de l’eau à Paris a été exemplaire de ces dérives : 450 % d’augmentation au mètre cube et un réseau mal entretenu – il fallait bien dégager des profits. Réclamée par les élus communistes, la remunicipalisation a permis enfin une baisse des prix.

Nous affirmons qu’il en va de même dans d’autres domaines aujourd’hui abandonnés (en partie ou en totalité) au privé. Ce sera l’acte II de la reconquête des services publics à Paris. Les Parisiens doivent se réapproprier les services de leur ville. Demain, les services publics seront au cœur de notre vie urbaine. Il faut l’anticiper, le préparer. Il faut redynamiser et relancer les services publics.

(10) Préserver et Renforcer les services publics existants. Alors que les politiques d’austérité gouvernementales mettent à mal les services publics d’Etat, notre ville doit se mobiliser pour éviter cette casse et obtenir leur maintien. Quelques exemples importants : pour garantir le droit à la santé, la Ville doit commencer par mettre en échec la destruction programmée de l’hôpital public. Pour garantir le droit à la sécurité, elle doit obtenir de l’État la réouverture des commissariats de proximité fermés au cours des dernières années ainsi qu’un renforcement conséquent des forces de police qu’il faut répartir équitablement dans les quartiers. Aujourd’hui, on compte un policier pour 61 habitants dans le 1er arrondissement... contre un pour 531 dans le 20e. Cela doit changer. Pour garantir le droit à l’énergie, elle doit garantir la sécurité d’approvisionnement et celle des biens et des personnes. En matière de services publics municipaux, nous devons maintenir et intensifier nos efforts par exemple en direction de la petite enfance (dont l’ouverture de nouvelles crèches : voir notre chapitre « Petite Enfance »), en plus de redynamiser les transports publics (voir notre chapitre « Mobilité ») ou encore en développant et créant dans tous les quartiers des services publics culturels de très grande proximité.

(11) D’étendre le champ des services publics. Cela vaut pour la collecte des déchets, aujourd’hui partagée entre public et privé selon les arrondissements. Les déchets sont un enjeu très important de la vie urbaine moderne. Paris doit s’engager pour une remunicipalisation complète, dans l’ensemble des arrondissements. Comme à Berlin, toute la chaîne – de la collecte des déchets à leur retraitement – doit relever du service public. De même, nous voulons engager un plan d’embauche de personnels pour le nettoiement afin d’améliorer le fonctionnement des services de propreté.

(12) Se donner les moyens nécessaires pour développer les services et les équipements publics (culturels, sportifs, sociaux, pour la jeunesse, la petite enfance, …) à Paris. Cet objectif nécessite de lever trois obstacles.

D’abord, le manque de place, dans une ville dont la superficie est réduite et la densité déjà très importante. Il faut donc dégager de nouveaux espaces. Nous proposons d’inscrire dans le Plan Local d’Urbanisme des réserves pour équipements publics sur tous les terrains susceptibles d’évoluer pour qu’ils soient protégés de la spéculation immobilières. Nous proposons de poursuivre la couverture du boulevard périphérique. Car il s’agit de l’un des seuls réservoirs d’espaces disponibles aujourd’hui pour la création d’équipements et de services publics.

Ensuite, considérant la cherté des dernières parcelles de terrain encore disponibles à Paris, il faudra recourir à l’emprunt pour se saisir de toutes les opportunités foncières.

Enfin, il faudra mettre fin au dogme de la stabilité des effectifs fixé en 2008. Ces dernières années, en effet, la logique du redéploiement a montré ses limites, la ville ouvrant de nouveaux équipements sans avoir les personnels suffisants pour l’animer, en augmentant parfois la charge de travail des agents au prix du service rendu à l’usager. Chaque nouveau service, chaque nouvel équipement réclame de nouvelles embauches.

Il faut aussi relancer un grand plan de dé-précarisation. De trop nombreux services sont aujourd’hui assurés par des agents dont la situation n’est plus tenable. Il faut également développer une médecine du travail préventive indépendante afin de garantir à chaque salarié-e une visite annuelle. Cela nécessite l’embauche de médecins du travail supplémentaires. Notre municipalité doit se montrer exemplaire dans ce domaine, dans l’intérêt de ses agents comme des usagers du service public.

PROMOUVOIR UNE VILLE ACCESSIBLE A TOUTES ET TOUS
DEPUIS 2001, UN EFFORT PARTICULIER A ETE ENTREPRIS EN DIRECTION DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP. IL FAUT LE POURSUIVRE ET L’AMPLIFIER, NOTAMMENT EN VEILLANT AU RESPECT DES NORMES D’ACCESSIBILITE A LA CONSTRUCTION ET A LA RENOVATION DES LOGEMENTS, EN RECRUTANT DES EDUCATEURS DANS LES CRECHES ET EN VEILLANT A LEUR ACCESSIBILITE, AINSI QU’EN AMPLIFIANT LES TRAVAUX DE MISE AUX NORMES DES BATIMENTS DE LA VILLE, OU ENCORE EN OUVRANT DAVANTAGE D’ETABLISSEMENTS D’ACCUEIL POUR LES ENFANTS, ADOLESCENTS ET ADULTES EN SITUATION DE HANDICAP.

Publié le

23 mai 2014