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Développons le service public ferroviaire

Didier Le Reste demande que Paris réaffirme l’importance du calendrier initial de réalisation du Grand Paris Express et que Paris affirme l’importance du développement du service public ferroviaire pour relever les défis conjoints de l’aménagement du territoire et du changement climatique.

Retrouvez son intervention...

Madame la Maire, Mes cher·e·s collègues,

Le plan climat repasse devant notre conseil, au moment où le climat social n’est guère meilleur que les niveaux de pollution de l’air.

Rappelons qu’avec le Plan climat, la ville de Paris prend toute sa responsabilité pour lutter contre le changement climatique et la pollution de l’air. Le secteur des transports est déterminant dans cette lutte. Nous l’avions déjà affirmé en novembre en proposant différents amendements au Plan climat pour la réalisation du Grand Paris express, pour le développement du transport ferré au détriment de l’aérien, contre le Charles de Gaulle express, projet dispendieux et ségrégatif.

Quelques semaines plus tard, nous ne pouvons que constater que les mauvaises nouvelles pleuvent et que la partie est loin d’être gagnée.

Le 22 février dernier, le premier ministre Édouard Philippe annonçait des retards importants dans la réalisation du futur métro du Grand Paris. Décision injustifiable au regard de l’urgence climatique et de la nécessité de développer un report modal des déplacements routiers vers le ferré.
Quelques jours plus tôt, monsieur Spinetta rendait son rapport au gouvernement, préconisant la fermeture de 9 000 kilomètres de voies ferrées qualifiées injustement de « petites lignes », que l’État s’apprête à refiler aux régions. Lui emboitant le pas, le gouvernement d’Edouard Philippe met en œuvre une réforme de la SNCF, à marche forcée, par voie d’ordonnances. Ce qu’il qualifie de « nouveau pacte ferroviaire » consiste tout bonnement à démanteler l’organisation historique du service public ferroviaire en ouvrant à la concurrence privée des activités jugées rentables financièrement.

Pourtant, le réseau de transport ferré et son exploitation pour transporter passagers et marchandises relève d’un service public, service public qui ne peut s’exercer que dans le cadre du monopole d’État. Les conséquences de cette réforme sont hélas déjà prévisibles ! Il en résultera une dégradation du service public ferroviaire sur 3 plans : dégradation de la qualité du service ; dégradation du niveau de sécurité du réseau ferroviaire ; dégradation des conditions de travail avec la création d’entreprises de main d’œuvre à bas coût.

J’entends déjà l’opposition de ceux qui disent que ce débat relève de question nationale et n’a pas sa place dans cette assemblée. Pensent-ils réellement que la question des investissements à réaliser pour lutter contre la pollution de l’air ne concerne pas les Parisiennes et les Parisiens ? Pensent-ils que le Plan climat va fonctionner comme un bouclier contre les particules fines et le CO2 les repoussant de manière magique au-delà du périphérique ?

La problématique du changement climatique nous engage tous, au niveau local comme au niveau national. La question du transport ferré est celle d’une logique de réseau : démanteler le réseau national, c’est favoriser les modes de transport polluants que sont la route et l’aérien. Lorsque le réseau ferré national sera détricoté au point que les voyageurs qui viennent à Paris lui préfèreront définitivement la voiture ou l’avion, ce seront bien les Parisiens et les Parisiennes qui seront les premières victimes des externalités négatives de la pollution de l’air.

Aussi, nous demandons par un vœu que Paris réaffirme l’importance du calendrier initial de réalisation du Grand Paris Express. Nous demandons également que Paris affirme l’importance du développement du service public ferroviaire pour relever les défis conjoints de l’aménagement du territoire et du changement climatique.

L’urgence climatique nous interdit compromis et complaisance.

Je vous remercie.

Publié le

22 mars 2018

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