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Démocratiser la culture à Paris

Les habitants de notre ville ont un droit à la culture, au sport et aux loisirs. Notre ambition est de leur offrir le meilleur, à la disposition de tous.

Si l’on ne peut nier que les années 2000 ont vu le développement d’une autre politique culturelle à Paris et l’augmentation de ses budgets, la dernière mandature a mis la municipalité face à ses contradictions. Trop centralisée, victime d’une vision étroite et parfois trop spectaculaire, la politique culturelle parisienne s’est refermée sur elle-même. Les Parisiens ont ainsi vu la culture s’éloigner de leur quotidien, après une courte embellie. Notre ambition est de créer dans la capitale les conditions d’une réelle démocratisation des pratiques culturelles, aussi bien du point de vue de l’éducation, de la critique que de la création. Cela implique avant-tout de créer les conditions d’un véritable dialogue entre les artistes, les publics et la Ville ainsi que la promotion de services publics culturels pour desserrer l’emprise des politiques marchandes de culture sur la société. En effet une politique culturelle émancipatrice est l’affaire de tous : des résidents, des acteurs culturels, des enseignants et des chercheurs mais aussi des salariés des entreprises de Paris et sa région. Aujourd’hui le travail est privé de sa fonction culturelle, demain il doit être valorisé pour ce qu’il devrait être : espace de savoir-faire, de créativité et de coopération entre travailleurs. Pour cette raison, nous proposons :

(54) D’organiser dès 2014 des États Généraux de la culture et de créer des Conseils de la Culture dans les arrondissements. Les États généraux doivent rassembler, habitants, acteurs culturels, organisations syndicales des salariés des entreprises parisiennes et les services publics culturels de l’État et de la Ville de Paris. Les Conseils permettront de coordonner les actions, mutualiser les moyens et définir des réfé¬rents pour organiser la confrontation et le partage des singularités culturelles et des expressions artistiques et contribueront à l’élaboration d’un schéma territorial de développement artistique et culturel.

(55) De créer un réseau parisien de l’éducation artistique et culturelle afin d’associer les milieux de l’éducation aux stratégies de médiation culturelle par le développement de projets et de partenariats avec les lieux de création et de diffusion culturelle, les bibliothèques, les établissements scolaires, les conservatoires, les centres d’animation et les associations d’éducation populaire.

(56) D’élaborer des contrats de permanence artistique (CPA). Le CPA c’est l’engagement d’un coté d’un soutien de l’État et de la Ville de Paris à nouer une relation durable et construite avec une équipe artistique sur un territoire, et l’engagement d’une équipe artistique de s’installer sur ce territoire pour y construire pour et avec la population locale un projet artistique dans une logique solidaire et non concurrentielle, car la recherche artistique demande du temps et l’assurance d’une fidélité.

La lecture, les arts plastiques, la danse, la musique, le cinéma, la photographie… Paris est riche d’un patrimoine et d’une identité culturelle à aucune autre comparable. L’offre culturelle existe, les opportunités de création également. Mais leur accès est parfois malaisé, voire élitiste. Pour le simple amateur, le jeune Parisien curieux, l’étudiant ou l’artiste débutant, il reste beaucoup à faire. Nous proposons deux mesures qui en suggèrent d’autres :

(57) Réformer les conservatoires municipaux. Cela concerne notamment l’enseignement musical dispensé à partir des propositions des professeurs, des élèves et de leurs parents, une meilleure progressivité des tarifs par la création de nouvelles tranches ou encore l’augmentation nécessaire du nombre de personnels pour répondre à la demande.

(58) Créer une pépinière spécifiquement dédiée au cinéma indépendant. Ville emblématique de cinéma, Paris a beaucoup fait pour ses salles, pour faciliter les tournages, pour séduire de nouveaux publics. Aujourd’hui, pourtant, il manque un lieu collaboratif et professionnalisant qui permettent à de jeunes producteurs, des scénaristes, des réalisateurs, des critiques, des techniciens de bâtir des projets ensemble et d’en organiser les financements. La Ville pourrait en être l’initiatrice.

(59) De mettre en place un plan d’action contre la fracture numérique à Paris. Il prévoira le développement des espaces publics numériques, véritables lieux où l’on peut accéder à un ordinateur mais aussi se former, se faire accompagner ; le raccordement systématique au haut débit à tarif préférentiel dans le parc social ; des programmes de formation (« alphanétisation ») seront développés dans les centres sociaux. De favoriser systématiquement l’usage de logiciels libres, de formats ouverts et de systématiser l’Open Data par la mise en place d’une charte en la matière (critère de préférence pour les appels d’offres et marchés publics, productions de la Ville sous licence libre) et formation des personnels de la Ville.

Le sport pour tous

Si l’on parle beaucoup des résultats sportifs des grands clubs parisiens, il ne faut pas oublier les efforts déployés par la ville depuis 2008 pour réinscrire la pratique sportive dans le quotidien des Parisiens (42 % d’entre nous ont aujourd’hui une pratique sportive régulière). Le retard accumulé à la fin du siècle dernier en matière d’équipements et d’offre sportive était tel que la situation d’aujourd’hui apparaît presque miraculeuse. D’autres chantiers s’ouvrent pour sortir définitivement le sport des logiques de la concurrence marchande et pour renforcer le service public du sport, seul garantie de l’accès à la pratique sportive de son choix dans la proximité de son lieu d’habitation ou de travail. La vie associative est un pilier essentiel de l’organisation du sport et constitue un espace essentielle de la formation citoyenne. Elle doit être préservée de toutes dérives commerciales et soutenue au regard d’objectifs éducatifs et démocratiques et par une valorisation du bénévolat. Le défi que nous voulons relever est de garantir la spécificité du modèle français autour de piliers fondamentaux que sont l’éducation physique et sportive à l’école, le sport associatif et le sport scolaire et les renforcer par un élargissement de l’offre de pratiques. La démocratie doit être constitutive de la vie sportive. L’objectif de citoyenneté passe par la démocratisation et la maîtrise collective des structures d’organisation et de gestion du sport (clubs, comités olympiques et sportifs, services publics, entreprises…). Nous proposons ainsi de :

(60) De multiplier les projets sportifs d’arrondissements dans le cadre de la déconcentration de l’action sportive, cela passe par l’augmentation du nombre d’animateurs de la Ville (Filière Sportive). Nous voulons notamment encourager l’offre sportive dans les quartiers prioritaires. Avec la création des professeurs de sport, offrant dès l’école primaire un enseignement d’éducation physique et sportif de qualité, Paris a été à la pointe du service public envié par toutes les communes de France. Aujourd’hui, nous proposons de renforcer la filière sportive par le recrutement d’éducateurs sportifs intervenant dans le cadre des écoles municipales des sports après l’école. Parallèlement, nous proposons de développer les dispositifs permettant de réduire les inégalités d’accès au sport, par exemple « Femmes en Sport », « Carte senior + », étendre le dispositif « réduc’sport » ou encore l’aide aux personnes en situation de handicap.

(61) D’augmenter le budget du sport de proximité et de rééquilibrer le soutien municipal en faveur des associations du Nord-Est parisien. Il faut donner la priorité aux équipements de proximité. Dans ce cadre, nous proposons de densifier la ville en piscines, gymnases et en terrains de jeux synthétiques. De même, il est nécessaire de couvrir les tennis et les TEP. Nous voulons ouvrir les installations sportives des établissements scolaires aux associations après le temps scolaire. Il faut aussi proposer des équipements de nouvelle génération : nos équipements sont fondés exclusivement sur les modèles fédéraux. Il convient d’aménager l’espace public pour offrir une mixité des publics et des pratiques : ouvrir les centre sportifs sur leur environnement ; adapter le mobilier urbain, aménager les places ; créer des espaces sportifs dans les bois, parcs et jardins de la ville ; créer des parcours running balisés dans la ville ;

(62) Développer des équipements à dimension métropolitaine pour la formation. Nous proposons de créer des équipements à dimension métropolitaine de référence afin de structurer et développer certaines disciplines : académie du basket, maison du handball, centre d’escalade, centre d’escrime, grande halle de gymnastique… Il est nécessaire de moderniser la Halle Carpentier en créant une salle de 8000 places donnant aux clubs parisiens les conditions de leur développement tout en pérennisant la place de Paris dans l’accueil des grandes manifestations sportives. Pour relever tous ces défis, nous proposons d’organiser la concertation nécessaire à un projet sportif partagé par les parisiens qui pourrait aboutir à une instance permanente de concertation.

Publié le

23 mai 2014