Rechercher sur le site

Crise des migrants : pour une France hospitalière et fraternelle

A la demande du groupe PCF-FG, notre Conseil a organisé un débat sur la question migratoire et l’accueil des réfugiés. L’ensemble des personnes vivant indignement dans ces campements insalubres soient mises à l’abri sans délai. Il faut sans cesse le rappeler, la question des migrants est d’abord une question d’humanité à laquelle nous devons répondre par la solidarité et la fraternité et non la sécurité.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,

D’abord je tiens à vous remercier au nom des élus communistes d’avoir accepté cette demande d’un débat organisé sur cette question dramatique et importante de la crise migratoire et de l’accueil des réfugiés sur notre territoire. Nous avons formulé pour ce Conseil plusieurs vœux en lien avec le contexte actuel.

Un premier vœu a été cosigné avec le groupe Ecologiste, ainsi que Carine PETIT et Nathalie MAQUOI, afin que la Ville de Paris mette en place les préconisations du manifeste dit "de Grande-Synthe", que la Ville de Paris appelle à supprimer le délit de solidarité, que la Ville de Paris alerte le Gouvernement sur les conséquences de la loi Asile-immigration.

Nous proposons également que l’Etat mobilise les sites disponibles sur l’ensemble du territoire parisien, afin de construire un ou des centres d’hébergement temporaires, par exemple un site que l’on a identifié dans le bois de Boulogne.

S’il y a une chose à retenir de l’ensemble de nos propositions, Madame la Maire, c’est d’abord et avant tout que l’ensemble des personnes vivant indignement dans ces campements insalubres soient mises à l’abri sans délai. Il faut sans cesse le rappeler, la question des migrants est d’abord une question d’humanité à laquelle nous devons répondre par la solidarité et la fraternité et non la sécurité.

Je voudrais vous féliciter personnellement, Madame la Maire, ainsi que votre adjointe Dominique VERSINI, pour votre courage politique, votre ténacité sur ce dossier. Le groupe Communiste soutient pleinement toutes vos démarches. La Ville n’a eu de cesse de se mobiliser sur la question depuis 2015. Pourtant, elle fait face à un contexte de restriction croissante de son budget et l’abandon de l’Etat. En attendant, elle tente de contribuer, de compenser les manquements de l’Etat.

Ce débat nous donne l’occasion d’interpeller collectivement le Gouvernement sur ses responsabilités. Le Gouvernement, plutôt que de régler de manière humaine et digne l’accueil des réfugiés, d’écouter les propositions que nous lui faisons, a préféré soumettre en première lecture à l’Assemblée nationale une loi répressive et stigmatisante.

Nous sommes face à une politique qui va à l’encontre des droits les plus fondamentaux, notamment des droits de l’homme, des textes européens et internationaux ; une politique qui va à l’encontre de toutes les actions que la Ville de Paris mène depuis 2015.

Alors que dire quand la rapporteuse de cette loi, Élise FAJGELES, est une élue du 10e arrondissement - un arrondissement où les habitants et les élus se sont toujours engagés pour un accueil digne et solidaire ? De fait, elle tourne le dos à l’histoire même de l’arrondissement dans lequel elle est élue.

Faut-il le rappeler : de qui parlons-nous ? Des plus faibles parmi tous, des familles qui fuient les conflits, persécutions, guerres et crises climatiques. Ils arrivent souvent après des mois, des périples, avec pour seul objectif de survire. Ce sont souvent des familles avec des enfants en bas âge qui subissent l’humiliation. Sous nos yeux se produit l’un des plus grands drames de l’humanité et certains préfèrent fermer les yeux.

Madame la Maire, vous avez fait un autre choix : celui de rendre visible cette inhumanité qui doit cesser, en vous rendant chaque vendredi auprès des réfugiés pour dire que cette situation n’est plus acceptable. Nous saluons votre démarche et, même s’il n’en va pas de sa compétence, le Conseil de Paris doit se positionner clairement contre cette loi asile-immigration car elle a des conséquences directes sur le territoire parisien.

D’ailleurs, 470 associations nationales, syndicats, intellectuels ont alerté sur les difficultés qu’elles rencontreraient dans leur travail quotidien pour un accueil digne et solidaire des migrants. Avec les militants communistes, nous avons pris l’initiative d’organiser une grande chaîne humaine, samedi dernier, sous la banderole : "Une France hospitalière et fraternelle". Les démarches citoyennes ne sont pas absentes et, à travers nos vœux, nous appelons à les soutenir.

D’ailleurs, mes collègues, Sergio TINTI et Fanny GAILLANNE, élus du 19e arrondissement, proposent un vœu relatif à l’organisation des repas pour les migrants qui ne disposent pas de petit-déjeuner ou de déjeuner car aucune association n’est subventionnée. Ce sont alors des collectifs citoyens qui s’en occupent, mais qui ont leur limite.

Nous aurions aimé que l’Exécutif mette en avant cette question comme il l’a fait en juillet dernier en subventionnant des associations. Nous ne souhaitons pas que ces campements soient une solution pérenne pour ces personnes. Toutefois, en attendant qu’une solution soit apportée, il est indéniable que ces personnes doivent pouvoir subvenir à leurs besoins les plus essentiels.

Je terminerai avec l’une des propositions phares que l’on fait, Madame la Maire, c’est l’idée de créer un centre d’hébergement rapidement, temporaire. Pourquoi pas dans le bois de Boulogne ? Un site a été répertorié, il est disponible. Nous faisons cette suggestion et nous espérons, avec les élus du groupe Communiste, comme nous l’avons fait pour les sans domicile fixe, qu’un lieu leur sera attribué très prochainement.

Je vous remercie.

PDF - 77.5 ko
PDF - 75.8 ko
PDF - 100.5 ko

Publié le

4 mai 2018

Auteur-e-s