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Contre la mise en concurrence des territoires, il faut inventer le Grand Paris de la démocratie et de la solidarité

Partisans d’une altermétropole, nous nous engageons résolument pour une construction métropolitaine coopérative et solidaire. Pour nous, cette construction doit répondre à deux objectifs essentiels et indissociables.

Le premier doit être celui de la recherche des réponses les plus efficaces pour résoudre les problèmes des Franciliennes et des Franciliens, en matière de logement, de maîtrise du foncier, d’emploi, de santé, de transports, de services publics, d’environnement… Nous défendons le droit à la ville, à une ville accueillante qui permet à toutes et tous d’avoir accès à toutes les fonctions humaines.

Le second, c’est celui de la démocratie. Il nous faut inventer de nouveaux espaces pour permettre à chacun, élu, citoyen, acteur social, économique, associatif, syndical d’être associé à la construction métropolitaine. Ces espaces doivent donner sa place à chaque territoire, avec son histoire et ses singularités. Nous refusons toutes les démarches descendantes, toute construction qui éloignerait les citoyens des lieux de décisions.

Face à ces enjeux, la réponse apportée par le gouvernement et les députés socialistes à travers la Métropole du Grand Paris n’est pas la bonne. Imposée par le haut, pétrie de l’idéologie selon laquelle il faudrait rendre les territoires « compétitifs » — au prix de la démocratie et du service public — face à la concurrence des grandes métropoles, elle est pour nous inacceptable et inefficace.

Bien au contraire, l’altermétropole que nous voulons construire appelle de nouveaux espaces de dialogue et de coopération, capables de prendre en compte l’identité et les dynamiques de territoire et de mettre en débat les projets et les enjeux métropolitains avec les citoyens. Ces espaces doivent être le lieu de nouveaux services publics, dotés de moyens institutionnels et financiers qui leur permettent de faire reculer les logiques spéculatives. Nous proposons :

(66) De créer une véritable « coopérative de coopératives » à l’échelle de la métropole, qui regroupe les coopératives de villes que sont les intercommunalités et pourrait prendre la forme d’un « pôle métropolitain ». Ces coopératives devront mieux représenter les territoires au travers de leurs élus, mais aussi permettre l’association des citoyens et des acteurs du territoire : mouvement associatif, syndicats, acteurs économiques, universités, artistes… Elles doivent être dotées de moyens financiers réels pour faire émerger de nouveaux services publics métropolitains.

(67) D’organiser un grand débat citoyen avant toute réforme institutionnelle, conclue par un référendum. Ce débat devrait mobiliser tous les moyens possibles pour impliquer les citoyens de la métropole : débats publics territoriaux ; sollicitations des acteurs associatifs, syndicaux, universitaires, économiques etc. ; consultation directe de citoyens tirés au sort ; débats publics thématiques… Pour nous, c’est l’intervention citoyenne qui est le moteur du changement : c’est lorsque les citoyens s’en mêlent et se mobilisent que le projet métropolitain avance. Le projet de Grand Paris Express, le métro autour de Paris, est d’ailleurs né grâce aux débats publics sur les projets de transports, qui ont réuni plus de 20 000 participants.

(68) De créer une Autorité organisatrice du logement. Alors que, face à la crise du logement, il faudrait construire près de 100 000 nouveaux logements par an en Île-de-France, on en construit à peine le tiers. Les déséquilibres entre territoires se creusent : 90% des logements sociaux sont concentrés dans 15% des communes ; les nouveaux logements se construisent pour l’essentiel loin des zones d’emploi, allongeant les trajets domicile - travail, et bien souvent en grande couronne, en grignotant sur les espaces naturels et terres agricoles. Il y a donc urgence à donner une impulsion, une coordination et des moyens nouveaux à la politique du logement en Île-de-France. C’est l’Autorité organisatrice du logement. Regroupant les élus locaux, mais aussi les représentants des forces vives, représentants des locataires, syndicats… elle aurait la charge de définir des objectifs de construction de logements, et notamment sociaux, par territoire, de répartir les financements en fonction de ces objectifs et de critères de solidarité. En lien avec l’État, elle aurait le pouvoir de se substituer aux maires qui refusent d’appliquer la loi en ne construisant pas de logements sociaux.

Publié le

23 mai 2014