Rechercher sur le site

Budget supplémentaire : Paris tient ses engagements

Didier Le Reste présente les amendements du groupe PCF-FG lors de l’examen du budget supplémentaire.
Logement, alimentation, transports, jeunesse, droits des femmes, Conseil des générations futures : nous continuons à oeuvrer pour un Paris pour toutes et tous.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire.

Comme l’ont déjà souligné mes camarades qui sont intervenus avant moi, le budget de notre collectivité n’a de sens qu’en prenant en compte les caractéristiques de notre territoire et les besoins de sa population. Nous le répétons souvent : nous nous sommes engagés devant les Parisiennes et les Parisiens pour construire un Paris où toutes et tous peuvent vivre et travailler. Or, nous le savons : le coût de la vie à Paris est particulièrement élevé.

Le premier poste de dépenses, c’est le logement. Je salue ici le travail mené par notre adjoint dans ce secteur. Au coût du logement, s’ajoute celui de l’alimentation. Depuis 2014, le groupe Communiste est mobilisé sur la question de l’accès de toutes et de tous à une alimentation durable, conformément à nos engagements. Il faut promouvoir une alimentation de qualité en circuit court vers des prix accessibles pour les Parisiennes et les Parisiens et permettant une juste rémunération des producteurs.

En ce sens, la délibération "Les quatre saisons solidaires" a prévu l’expérimentation de deux halles alimentaires dans les quartiers populaires parisiens. Elles sont aujourd’hui ouvertes. Nous nous félicitons également des projets de futures halles alimentaires dans les quartiers politiques de la Ville.

Néanmoins, malgré les efforts conséquents déjà engagés par la Ville, il reste à mettre en place un accompagnement spécifique en direction des publics les plus précaires, en particulier les bénéficiaires des minima sociaux ou les personnes accueillies en centre d’hébergement.

D’ailleurs, nous avions déjà adopté un vœu en ce sens au Conseil de Paris de février 2017. Aussi, nous vous proposons de créer, dès 2018, des paniers solidaires en lien avec nos partenaires privilégiés que sont les halles alimentaires et les marchés de la Ville de Paris. L’alimentation est aujourd’hui une question de santé publique et un marqueur de classe. Il est de notre devoir d’engager des politiques publiques ciblées pour réduire les inégalités alimentaires.

Un autre poste de dépenses particulièrement important pour les Parisiennes et les Parisiens est celui des transports. Madame la Maire, vous avez évoqué l’opportunité d’engager une étude sur la gratuité des transports à Paris. Nous proposons, par un vœu, de rembourser la moitié du pass Navigo de tous les retraités ainsi que la moitié de la carte Imagine R. Ces mesures sont finançables dès 2019 par une augmentation des versements transports des territoires favorisés. Elles permettront de montrer notre engagement pour dégager du pouvoir d’achat aux retraités et aux jeunes.

Puisque j’évoque la question des jeunes, je souhaite mettre l’accent sur l’amendement que nous proposons au sujet du fond d’aide aux jeunes de la Mission locale. La subvention versée par notre collectivité a été amputée de 40 % au début de l’année. Il apparaît que la montée en charge de la garantie jeune ne permette pas de couvrir les besoins engendrés par cette baisse.

Aussi, nous demandons le rétablissement de cette subvention. Il s’agit d’aider les jeunes les plus précaires. Il s’agit de lutter contre les ruptures de parcours à cet âge si important de la vie. Il s’agit d’agir pour la cohésion sociale de notre territoire. Le travail que fait la Mission locale pour les jeunes à travers ce fond ne mérite pas cette baisse de subvention, comme l’a déjà évoqué ma camarade, Danièle PREMEL. Nous vous demandons donc de réagir. Il est encore temps.

Puisque nous parlons des jeunes et de nos engagements pour plus de cohésion, je prolonge mon discours, ou mon propos plus exactement, avec l’engagement de la campagne de la majorité municipale de créer un conseil économique, social et environnemental parisien. Celui-ci a été acté en 2015 en tant que Conseil des générations futures.

Je le répète : la crédibilité de cette instance de concertation paritaire, consultative et indépendante, réside dans l’intérêt que lui porte la Ville et dans les suites réservées à ses travaux. Or, les diminutions successives de son budget ne sont pas compréhensibles si l’on souhaite que cette instance mène à bien les missions qui lui sont confiées. Le Conseil a besoin d’être doté de moyens suffisants. Comme en décembre 2017, nous demandons donc le rétablissement de cette subvention à hauteur de 50.000 euros.

Je termine pour mettre en lumière un sujet particulièrement important. C’est celui des droits des femmes et de lutte contre les violences qu’elles subissent encore bien trop souvent. Aussi, nous souhaitons remettre dans le débat budgétaire la nécessaire étude pour la cité des droits des femmes, mais aussi la subvention au réseau Mage qui travaille sur les questions de genre. Cela met en lumière le hiatus entre les paroles du Gouvernement qui déclare vouloir faire de l’égalité une grande cause nationale et qui, en même temps, suspend la subvention annuelle modique qui lui est attribuée.

Nous voyons ici, avec ce projet de budget supplémentaire, que Paris tient ses engagements et fait mieux que le Gouvernement. Vous me direz : ce n’est pas très difficile.

Je vous remercie.

Publié le

6 juin 2018

Auteur-e-s