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Budget 2018 : d’abord le sport de proximité

Sergio Tinti interpelle l’assemblée parisienne sur l’importance de garantir le soutien au sport de proximité et de commencer dès aujourd’hui à construire l’héritage des jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Les investissements pour de nouveaux équipements sportifs doivent être prévus dès maintenant.

Retrouvez son intervention.

Mme la Maire, mes cher-es collègues,

Nous connaissons le contexte toujours plus contraint dans lequel cette année encore vous avez dû construire un budget pour continuer d’honorer nos engagements pris en 2014 devant les parisiennes et les parisiens.
Toutefois, en comparant les budgets alloués au sport à Paris depuis le budget exécuté en 2014, nous constatons une baisse de plus de 7 millions d’euros sur le budget de fonctionnement.

Bien sûr cette baisse correspond pour plus de 3 millions d’€ à la réduction des subventions au sport de haut niveau, et pour 1,4 millions d’€ au désengagement au profit des Hauts de Seine d’un parc interdépartemental.

Nous arrivons donc à une baisse de près 2,5 millions d’€ sur le sport de proximité depuis 2014.
Si je cite, la suppression de la patinoire pour 1 million d’€, de Charlety fait son cirque et de Charlety sur neige pour 400 000 €, sans compter différents autres dispositifs sportifs représentant 200 000 €.
À cela s’ajoute une baisse des subventions aux associations sportives de l’ordre de 780 000 € depuis 2014 dont 180 000€ cette année.

Madame la Maire, nous ne pouvons accepter une telle baisse alors que nous célébrons l’obtention des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris. Nous voulons réussir cette grande fête populaire et c’est une belle opportunité pour ouvrir un grand débat sur la place du sport dans notre société et les moyens qui lui consacrés.
Pour que la fête promise soit réussie, il faut que l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques soient l’affaire de toutes et tous.
Elle sera réussie si les populations locales, les sportifs, les bénévoles des clubs, les enseignants, les élu-es locaux, toutes celles et ceux qui font vivre le sport au quotidien dans notre pays, y soient pleinement associés.

Je devais rendre dans les jours qui viennent le rapport de la mission que vous m’aviez confiée sur le rôle et la place des Offices du Mouvement Sportif dans notre ville. Or, avec la baisse prévue dans le budget primitif qui nous a été présenté, comment peut-on être assuré qu’une place leurs est effectivement réservée dans nos arrondissements. Les Offices du Mouvement Sportifs doivent être de nouveaux lieux de concertation, à l’échelle locale, entre tous les acteurs du mouvement sportif. Ils doivent être associés pleinement au projet sportif d’arrondissement qui est à même de garantir la mise en place de la politique sportive municipale et le respect des spécificités de nos arrondissements.
Mais comment ce travail peut-il se faire sans la confiance ni le soutien de notre ville ? Comment faire lorsque les moyens du sport de proximité baissent inexorablement ?

C’est pourquoi Madame la Maire, pour réparer ce qui apparaît comme une erreur d’arbitrage de votre part ou de la part de vos services nous vous proposons un amendement budgétaire sur la ligne sport de proximité de 180 000 €. Si a minima, nous ne maintenons pas le budget de soutien au sport pour toutes et tous, c’est un message extrêmement inquiétant que l’on envoie non seulement au mouvement sportif, mais également à toute la population à qui nous promettons un héritage pour l’avenir.

L’héritage, Madame la Maire, mes chers collègues, ne se limite d’ailleurs pas aux subventions aux clubs et associations sportives. L’héritage se bâtit également par l’investissement.
Il y avait dans la mandature précédente 600 millions d’€ d’investissement pour le sport sur les 7 milliards d’€ investis entre 2008 et 2014.
En 2014, sur les 10 milliards d’€d’investissement prévus, ce ne sont plus que 400 millions qui concerne le sport, dont 150 sont déjà absorbés par le plan « Nager à Paris ».

Madame la Maire, nous devons être attentifs et exigeants. Si jusqu’à présent, le peuple de Paris se réjouissait dans une large majorité d’accueillir et de réussir les Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024, il ne nous pardonnera pas de le faire au détriment du sport pour toutes et tous. Or je pense que nous avons raison de croire que les Jeux Olympiques et Paralympiques sont un évènement catalyseur de politiques publiques. Nous parlions ici même dans cette assemblée d’un « accélérateur ». Et bien nous devons dès aujourd’hui prendre les décisions qui permettront l’héritage pour nos territoires et nos populations. C’est le sens de l’amendement que nous déposons et par lequel nous demandons d’autoriser des programmes et des crédits de paiements pour rénover, restructurer ou encore créer de nouveaux équipements sportifs, singulièrement dans les quartiers populaires.

Nous ne voulons pas être de ces éditions des Jeux Olympiques et Paralympiques qui gardent pour seul héritage le mécontentement des populations et des éléphants blancs. Nous saluons l’arrivée de la prochaine grande salle dans le 18ème arrondissement, Porte de la Chapelle. Mais cette salle ne peut pas être le seul héritage des Jeux à Paris, d’autant qu’elle était prévue avant même les Jeux à Paris.

Nous avons proposé un projet ambitieux, vertueux, tourné vers les territoires et les populations, centré sur l’héritage à leurs laisser. Si nous voulons un héritage en 2024, c’est aujourd’hui qu’il faut agir. Demain, il sera trop tard.

Je vous remercie.

Publié le

11 décembre 2017

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