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Budget 2018 : Concrétisons l’implantation de l’Institut de Victimologie et lançons la Cité des droits des Femmes

Hervé Bégué rappelle à l’occasion du débat budgétaire, l’importance de concrétiser l’implantation de l’Institut de Victimologie de Paris au sein du Centre de Santé Richerand pour permettre la meilleure réponse possible aux besoins des victimes d’attentats ou les femmes et les enfants victimes de violences.
Par ailleurs, il porte au débat un projet partagé à Paris depuis 2002, la création de la Cité des droits des Femmes.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,

Chers collègues, j’interviendrai sur deux points. Le premier concerne le Centre de santé Richerand et l’Institut de Victimologie ; le second concerne la création d’une cité des droits des femmes.

Premier point. Plusieurs vœux ont été adoptés en faveur de notre demande d’implanter l’Institut de victimologie dans le centre Richerand. En effet, Paris a besoin de répondre plus fortement à l’augmentation des besoins de prise en charge psychologique des victimes d’attentats, des femmes et enfants victimes de violences.

Si l’Institut de Victimologie, avec son centre de psychotrauma s’inscrit pleinement dans la réponse à ces besoins, il est actuellement implanté dans des locaux non adaptés pour les usagers, notamment avec une majorité de bureaux de consultation situés en sous-sol. Ceux-ci sont exigus et ne permettent pas d’augmenter l’offre de consultations permettant de répondre à l’ensemble des demandes identifiées ces dernières années.

C’est dans ce cadre que l’Institut de Victimologie de Paris a tissé un partenariat avec le Centre de santé Richerand, partenariat qui pourrait - nous l’appelons de nos vœux - se concrétiser par l’accueil du centre de psychotrauma dans les locaux du centre de santé situé dans le 10e arrondissement. Le partenariat entre le centre de santé et le centre de psychotrauma de l’Institut de Victimologie encouragerait les synergies entre les projets de santé et permettrait d’offrir un parcours de soin complet aux usagers.
Le projet du centre prévoit de créer une maison médicale de garde, d’instituer des visites à domicile et d’organiser des services innovants de type ville hôpital avec les hôpitaux partenaires, Saint-Louis Lariboisière, l’A.P.-H.P., etc. De plus, nous considérons que le choix innovant d’ancrer la gestion du centre dans l’économie sociale et solidaire, en transformant le centre de santé en coopérative sous le statut de ce S.C.I.C., est un atout.

Il est de la responsabilité de la Ville de trouver une implantation plus adaptée à l’Institut de Victimologie. Ne passons pas à côté de cette opportunité de leur permettre de répondre au mieux au besoin des victimes. Ce n’est pas quand une urgence se présentera qu’il faudra se demander comment faire pour répondre à tous les besoins. La politique municipale doit pouvoir prévoir l’offre de soins à Paris et offrir les meilleures conditions de leur accès à toutes et tous.

L’actualité nous rappelle que mal ou pas soignées, les conséquences psychologiques de ces événements représentent un danger pour les victimes en termes de santé, avec des risques de chronicité, des troubles post-traumatiques, l’installation de multiples pathologies comorbides parfois invalidantes. Après les événements terribles que nous avons connus ces dernières années, nous pensons qu’il est nécessaire d’apporter un soutien financier à l’Institut de Victimologie.

Par ailleurs, le plan d’investissement de mandature prévoyait de créer un centre de santé à l’Hôtel-Dieu. Aujourd’hui, ce projet a semble-t-il été abandonné, mais la dépense de 5 millions d’euros avaient été prévue au P.I.M. Il serait légitime d’orienter la totalité de ces crédits, ou du moins une partie, vers ce projet qui répond parfaitement aux problématiques de santé du Nord-Est parisien.

Mon second point concerne un projet partagé depuis le 8 mars 2002, date de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, lors de laquelle M. le Maire Bertrand DELANOË et Mme Anne HIDALGO alors Maire adjointe à l’égalité
femmes/hommes de Paris, avait annoncé la création d’un espace culturel dénommé à l’époque Cité des femmes. Aujourd’hui, je le sais, Mme Hélène BIDARD à son tour adjointe à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes/hommes se déclare également favorable à l’ouverture d’un tel lieu.

Personne ne peut nier que la création d’une Cité des droits des femmes à Paris serait un engagement fort, symbolique et utile. Cela raisonnerait dans le monde entier. Des lieux existent dans des villes avec lesquelles la Maire de Paris et ses adjoints échangent des expériences et pratiques politiques novatrices, comme Amazone à Bruxelles ou The Women’s Building à New York.
De plus, l’étude de préfiguration approfondie menée par la Fondation des femmes pour la Mairie de Paris démontre la viabilité financière, la pertinence politique et l’utilité associative d’un tel projet.

Cette Cité des droits des femmes serait un lieu qui améliore structurellement le tissu associatif en offrant aux associations des possibilités pour les aider à innover et des synergies pour se développer, et à lutter contre la précarité des moyens associatifs au regard, notamment, de la suppression des contrats aidés. Les citoyens, les associations, les acteurs économiques, sociaux et politiques se retrouveraient pour promouvoir l’égalité femmes hommes. Favorisant la connaissance et le partage culturel, la Ville pourrait engager l’intégration de la bibliothèque Marguerite-Durand qui bénéficierait de l’émulation d’un tel lieu. En effet, si nous nous sommes réjouis, ainsi que les associations, que la bibliothèque ne déménage pas dans des lieux inadéquats, nous pensons qu’elle pourrait s’épanouir d’autant plus dans une cité du droit des femmes. Nous savons que tout le monde aurait à y gagner. Notre cité nous donnerait un sentiment à la fois de fierté et de travail accompli.

Publié le

11 décembre 2017

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