Rechercher sur le site

Budget 2018 : Cap sur l’investissemement et l’emploi

En ouverture du débat sur le budget, Nicolas Bonnet Oulaldj rappelle l’opposition du groupe à la politique gouvernementale visant à contraindre l’investissement et faire de l’emploi public une variable d’ajustement.
Il expose l’ensemble des 17 amendements budgétaires déposés par le groupe.

Retrouvez son intervention.

Madame la Maire, mes chers collègues,

C’est le quatrième budget de la mandature que nous allons voter et, une fois de plus, dans un contexte contraint par l’Etat.

Après trois années successives de baisse des dotations et d’augmentation de la péréquation en solidarité avec les autres départements, ce qu’on appelle l’effet ciseaux cette année, le Gouvernement impose par la contractualisation, la maîtrise des dépenses publiques à sa guise, et impose 13 milliards d’économie aux collectivités territoriales.

Aujourd’hui, le Conseil de Paris va voter son budget sans savoir à quelle hauteur le Gouvernement va lui imposer des économies.

Le Gouvernement utilise deux manettes pour infléchir les politiques des collectivités : contraindre leur capacité d’investissement et faire de l’emploi public la variable d’ajustement de leur budget.

Nous refusons ce chantage. C’est le sens des vœux que nous avons fait adopter au moment du débat d’orientations budgétaires.

Nous vous avions, à l’époque, proposé de décaler exceptionnellement le vote de notre budget à cette année, afin de nous donner le temps d’avoir des précisions sur ce que le Gouvernement voulait mettre dans ce futur contrat.

Nous pensions qu’une campagne d’information et de dialogue avec les Parisiennes et les Parisiens sur les conséquences des décisions du Gouvernement nous aurait donné plus de force pour le bras de fer qui s’annonce. Ce n’est pas le choix que vous avez fait, Madame la Maire. Vous aviez pourtant commencé à le faire en informant tous les locataires du parc social parisien des conséquences de la baisse des A.P.L. tant sur leur budget que sur celui de leur bailleur.

Alors, face aux contraintes imposées par l’Etat, certains se sont précipités vite, déjà il y a quelques mois, pour vous proposer des économies, mais vous avez su résister.
Nous avons convaincu que la suppression de certains services aux Parisiens serait difficilement acceptable. Je pense aux traverses, aux "pass" Navigo, Améthyste et Emeraude, aux Ateliers bleus, aux aides facultatives au logement, mais je pense aussi à d’autres économies qui apparaissent encore dans son le budget, notamment l’AGOSPAP qui est le Comité d’actions sociales et culturelles de la Ville dont une économie était prévu à 2 millions et sera finalement de 1,3 million.

Nous pensons que ce Comité doit être soutenu car c’est le seul organisme qui appartient à tous les salariés de la Ville, et ré-internaliser certains services offerts par l’AGOSPAP ferait reculer la gestion paritaire alors que nous souhaitons, au contraire, plus de responsabilité des salariés et de l’organisation syndicale.
Autre économie qui nous semble inacceptable, c’est celle du sport de proximité qui est annoncée à moins 180.000 euros, alors que nous venons cette année d’apprendre que nous allons organiser les Jeux olympiques en 2024, d’ailleurs dans une période où l’Etat baisse le budget des sports et supprime les contrats aidés dont de nombreux clubs ont besoin.

C’est pour cela, Madame la Maire, que sur ces deux sujets, nous déposerons des amendements et nous espérons être entendus, et notamment sur le sport de proximité.

Nous vous avons toujours dit qu’avant d’anticiper des économies, regardons d’abord les possibilités de nouvelles recettes. Des richesses existent. D’ailleurs, nous ne cessons pas de condamner ce scandale de l’évasion fiscale et de l’optimisation fiscale et nous avons aussi déposé un vœu, encore une fois à ce Conseil, en ce sens, mais aussi celui de la spéculation immobilière qui touche Paris avec le développement des meublés touristiques. Nous rappelons chaque année le nombre d’imposables à l’I.S.F. à Paris qui, une fois de plus, sont favorisés par le Gouvernement. Si des inégalités ne cessent de s’accroître, c’est bien le rôle des pouvoirs publics de répartir les richesses.

A travers notre budget, ce que nous cherchons, c’est construire l’égalité. L’exemple de nouvelles taxes sur les meublés touristiques ou sur les logements vides, mais aussi l’augmentation des droits de mutation à titre onéreux (D.M.T.O.) qui n’apparaissent qu’à hauteur de 1,3 milliard dans ce budget et qui, semble-t-il, serait au bout de l’année 1,4 milliard d’euros, montre que des nouvelles recettes sont possibles, et c’est le sens de l’ensemble de nos propositions.

Alors tant au moment du débat d’orientations budgétaires que dans le débat d’aujourd’hui, nos préoccupations et nos propositions sont cohérentes : maintenir l’investissement et continuer à construire des équipements publics pour les Parisiennes et les Parisiens, en particulier dans les quartiers populaires.
Notre budget va d’ailleurs à contre-courant des politiques d’austérité, d’abord parce que nous maintenons l’investissement à 1,7 milliard d’euros cette année, ce contrairement à d’autres communes ou départements qui n’ont pas eu d’autre choix que réduire la voilure.

Ce que nous vous proposons dans ce débat, c’est aussi de préparer l’avenir, en vous proposant de préparer des études, notamment sur des équipements sportifs. J’ai évoqué la question des Jeux olympiques. Les Parisien-es acceptent ces Jeux olympiques à condition qu’il y ait un héritage, cet héritage que vous avez vous-même porté, et c’est pour cette raison que nous insistons notamment sur les piscines et les équipements sportifs.

Enfin, nous proposons de ne pas baisser le nombre de fonctionnaires - nos amendements vont dans ce sens - tant pour le secteur des bibliothèques que pour le contrôle des meublés touristiques et que la création d’outils nouveaux comme l’Observatoire des inégalités scolaires.

Enfin, nous avons proposé plusieurs amendements. Nous nous étions engagés à créer, au cours de cette mandature, plusieurs centres de santé, et il n’est pas envisageable qu’aucun ne sorte de terre avant 2020. Nous demandons, depuis deux ans, une aide à l’investissement pour le centre Richerand qui accueillera dans des meilleures conditions l’Institut de victimologie. L’année où enfin la parole des femmes victimes de violences se libère, notamment sur le harcèlement, il n’est pas compréhensible que l’on n’accélère pas la création d’une Cité des droits des femmes comme promis par vous, Madame la Maire, lorsque vous étiez adjointe en 2002.

Enfin, en matière de personnel, nous avons signifié qu’il était nécessaire de renforcer les effectifs dans les bibliothèques, mais aussi les contrôles des meublés touristiques et la préfiguration d’un Observatoire des inégalités scolaires.

Nous souhaitons enfin que, tout ou partie, le prix de 1 million d’euros obtenu par la Ville par la Commission européenne puisse aider de nouveaux projets de "Fab lab" et du label "Fabriqué à Paris".

Voilà, Madame la Maire, l’ensemble des amendements que nous vous proposerons pour un budget qui maintient le cap sur l’investissement, sur l’emploi, sur les grandes questions de société, un budget vraiment de gauche. Evidemment, si l’ensemble de ces amendements sont retenus, nous voterons pour ce budget.

Je vous remercie.

Publié le

11 décembre 2017

Auteur-e-s