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Assurer l’égalité de tous les enfants de Paris

Grandir en ville, ce n’est pas anodin. Notre municipalité ne peut l’ignorer, elle doit faire toute sa place à l’enfance. Notre fil rouge doit être l’égalité de tous les enfants de Paris, les mêmes opportunités pour tous les petits Parisiens, quelques soient les revenus de leurs parents ou le quartier dans lequel ils vivent.

S’agissant des crèches, nous proposons :

(20) Un nouveau plan de création de 8000 places en crèches, dont une nette majorité de crèches municipales accompagné d’un important plan d’embauche de personnels. Aujourd’hui, 40 % des petits Parisiens de moins de trois ans ont la possibilité d’être accueillis dans un établissement petite enfance. Avec 8000 places supplémentaires, cette possibilité vaudra pour plus d’un enfant sur deux.

(21) Le strict respect du principe de laïcité dans toutes les crèches soutenues par la collectivité. Aujourd’hui, en effet, afin d’accueillir le plus d’enfants possible, la Ville a conventionné des établissements gérés par des associations confessionnelles. Elles ne respectent pas toutes le principe de laïcité. Pour l’épanouissement des petits Parisiens, nous ne devons plus les soutenir.

S’agissant de l’école, nous fixons un objectif prioritaire : la réduction des inégalités.
Paris compte près de 200 000 enfants scolarisés dans les écoles maternelles, élémentaires et les collèges. Si les écoliers semblent sortir du primaire avec un niveau meilleur que celui constaté nationalement, les collégiens perdent cet avantage au moment du brevet. Surtout, la réussite scolaire est très inégale selon les quartiers de la capitale. La part d’écoles en éducation prioritaire, avec 32,67% des postes situés en RAR ou RSS, est plus marquée que le taux national de 18,45%. 
À l’école aussi, Paris est le lieu de grandes inégalités.

Pour assurer un accès égal à l’éducation à tous les élèves, quelle que soit leur origine sociale, l’éducation doit rester un service public national. Paris doit refuser de jouer le jeu du transfert de compétences de l’État vers les collectivités locales. C’est pourquoi les élus communistes et Front de Gauche se sont opposés à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires à Paris dès 2013. L’école doit se faire à l’école : c’est le service public national d’éducation qui doit assurer la transmission d’une culture scolaire de haut niveau à tous les élèves, avec des enseignants formés et sous statut de la fonction publique d’État. Si cette mission est déléguée aux collectivités locales, c’est la porte ouverte à l’accroissement des inégalités et à la mise en concurrence des territoires. Paris ne se substituera donc pas à l’État. Mais la ville peut agir pour réduire les inégalités et favoriser l’accès aux savoirs et à la culture pour tous. Dans cet objectif :

(22) Nous proposons la création d’un observatoire parisien des inégalités scolaires composé d’élus, de représentants des parents, l’ensemble des personnels de l’éducation nationale et des élèves à partir du collège ainsi que de personnalités associées. Cet observatoire pourra impulser une redéfinition de la carte scolaire parisienne pour favoriser la mixité sociale et mettre un frein à la concurrence entre les établissements. Il sera utile à la cohérence de la politique municipale d’aides financières et matérielles, pour une école véritablement gratuite. Enfin, il aidera à l’articulation des politiques municipales de lutte contre le décrochage. Cet observatoire rendre compte aux Parisiennes et Parisiens, une fois par an, des données collectées, ouvertes et accessibles depuis le site de la Ville de Paris.

(23) Nous demanderons la limitation du nombre d’élèves par classe. Après l’Essonne qui compte 25,17 élèves par classe, Paris est le département ayant le plus fort nombre d’élèves par classe avec 24,88 de moyenne. Tous les autres départements de la région parisienne aux structures urbaines quasiment comparables ont des moyennes inférieures (23,85 dans les Hauts de Seine, 23,61 en Seine Saint Denis, 24,57 dans le Val de Marne). Si la moyenne en maternelle à Paris est quasi identique (25,66 contre 25,84 nationalement), celle en élémentaire est bien plus élevée (24,63 contre 22,69 nationalement). Nous proposons que dans toutes les écoles bénéficiant d’un dispositif d’éducation prioritaire, les écoles élèves ne soient pas plus de 20 par classe. La municipalité, aux côtés des personnels et des parents, doit pour cela interpeller l’État. Mais elle doit aussi prendre ses responsabilités en menant une politique immobilière qui permette l’ouverture de classes : trop souvent, les capacités d’accueil des écoles sont limitées par leurs locaux. Paris est déjà caractérisée par ses grosses écoles : 360 écoles comptent plus de 8 classes soit 54,38% contre seulement 19,88% nationalement. Il faut ouvrir de nouvelles écoles.

(24) Engager un plan de scolarisation des enfants de moins de 3 ans. Afin de scolariser sur la mandature les enfants de moins de 3 ans, dont les familles le souhaitent, en priorité dans les quartiers « politique de la ville », Paris doit se doter d’un plan municipal. Pour les scolariser dans de bonnes conditions, il convient d’ouvrir des locaux adaptés à cette tranche d’âge. L’effectif de ces classes ne doit pas dépasser 15 élèves encadrés par un enseignant et une ASEM. Dans cette perspective, et pour atteindre l’objectif de 20% d’une classe d’âge (soit 3500 élèves) sur la mandature, il est nécessaire d’ouvrir 200 classes de TPS de 2014 à 2020.

(25) Pour lutter contre la fracture numérique, nous proposons d’équiper d’un ordinateur gratuit chaque élève de 6ème scolarisé dans les quartiers politiques de la Ville – à l’image du dispositif existant en Val-de-Marne. D’une pratique précoce de l’informatique et d’Internet dépendent les résultats scolaires, l’épanouissement et l’emploi des jeunes Parisiens de demain. Les familles dont les revenus sont particulièrement faibles ne doivent pas être défavorisées.

(26) Pour financer ces mesures, il faut réserver l’argent public à l’école publique. Certaines communes concèdent au privé des aides facultatives : Paris est de celles-ci. Pourtant, ces établissements ont d’autres ressources, à la différence de l’école publique. Tout l’effort doit donc être concentré à Paris sur l’école publique qui en a plus que jamais besoin.

Enfin, un meilleur accompagnement des familles - en particulier celles qui sont les plus fragilisées par la crise - est une condition indispensable pour la réussite de tous les enfants de Paris.

(27) Aider davantage les familles monoparentales. Grâce aux élus communistes, Paris a déjà mis en œuvre plusieurs dispositions en faveur des familles monoparentales. Nous proposons de créer une allocation, sous condition de ressource, pour les familles monoparentales parisiennes qui ont un enfant et n’ont pas droit aux allocations familiales.

(28) Créer des dispositifs Pedibus à Paris. Il s’agit d’un système de ramassage scolaire et pédestre que de nombreuses villes ont déjà mis en œuvre à l’échelle de tout leur territoire, permettant ainsi à tous les enfants de faire le trajet de l’école en toute sécurité. Et de simplifier la vie de nombreux parents.

Publié le

23 mai 2014