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ANRS : Pour que la jeunesse soit l’avenir de demain, il faut l’aider aujourd’hui

Madame la Maire, chers collègues,

Il est classique de dire « la jeunesse c’est l’avenir de demain », mais que cette vérité partielle ne masque pas que la jeunesse s’est aussi le présent et pour certains jeunes parisiens ou parisiennes ce présent est solitude, souffrance, marginalité, prostitution.
L’entrée dans la marginalité ou la prostitution des jeunes est un processus fait de potentielles ruptures familiales, d’isolement et de multiples facteurs susceptibles de fragiliser un enfant en construction.

La protection de ces jeunes ne se résume pas à leur prise en charge, mais elle concerne également un ensemble de mesures de prévention des conduites à risque, de toxicomanie, prostitutionnelles, etc., qui doivent être développées aussi bien en amont qu’en aval de la protection proprement dite.

Accompagner, aider les jeunes doit se mettre en place le plus tôt possible et tout au long de cette spirale négative et ne pas s’envisager que dans la phase avancée de rupture.
L’intervention de l’Association Nationale de Réadaptation Sociale repose sur cette approche et un fort partenariat avec les services sociaux et associations spécialisées à travers :

• Sa permanence d’accueil jeune espace d’écoute ouvert et libre d’accès qui a accueilli en 2016 402 jeunes en danger ou en situation de prostitution
• Et par son service d’insertion jeunes proposant un accompagnement individuel, des ateliers collectifs et un hébergement si besoin.

Cette délibération est l’occasion de nous alerter sur 2 problèmes auxquels nous sommes confrontés :
• Je citerai celui que nous avons connu depuis le début de l’année sur le 18ème et plus particulière à la Goutte d’or de 20 à 30 jeunes enfants, qui seraient originaires du Maroc livrés à eux-mêmes et sans référent adulte. Entre 9 et 16 ans ils sont en danger moral et physique et fuient tout contact et aide. Nous avons pu constater dans cette situation comment il est difficile d’avoir des réponses adaptées
• Le deuxième problème est celui lié à la prostitution des mineurs. Il y aurait
6 000 et 10 000 mineurs, principalement des jeunes filles qui se prostitueraient sur le territoire national. Pour Paris, près de 800 jeunes africaines de moins de 15 ans, en majorité originaires de Sierra Leone, ont depuis près d’un an, été enrôlés dans des réseaux de prostitution.

La plupart ne parle pas français et les jeunes sierra léonaises arrivées en nombre en raison de la guerre, sont les cibles privilégiées des rabatteurs et proxénètes impitoyables qui leur promettent "la régularisation de leur situation dans de brefs délais". Une réponse intégrée doit être imaginée et mise en œuvre

Ces 2 problématiques évoquées à partir de cette délibération me semble pouvoir faire l’objet d’un point d’information et de bilan lors d’une commission.

Je vous remercie d’avance et bien entendu nous soutiendrons cette délibération de soutien pour L’association Nationale de Réadaptation Sociale.

Publié le

12 mai 2017

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