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7 dimanches travaillés par an, pas plus !

Alors que la ville a le pouvoir de désigner jusqu’à 12 dimanches travaillés, Danièle Premel rappelle que le groupe des élu-es communistes au Conseil de Paris ne souhaite pas aller au delà de 7.

Retrouvez son intervention.

Madame la Maire, Chers Collègues,

Tu travailles toute la semaine et le dimanche aussi
C’est peut-être pour ça que je suis de parti pris
Je hais les dimanches
Juliette Gréco l’a chanté

Sur le travail dominical, nous avons déjà tout dit, tout démontré tout démonté.
Dimanche qui m’isole des autres, dimanche qui m’éloigne de ma famille, dimanche qui s’impose à moi comme volontaires désignés, dimanche qui ferme les petits commerces, dimanche de la jungle des gros et des hyper, dimanche qui ne crée pas d’emploi.

Aujourd’hui nous ne pouvons pas nous réfugier dans le « c’est pas nous c’est l’état » car pour cette clause « autre dérogations » du code du travail concernant l’autorisation du travail la décisions appartient à la ville.

Avant de donner la position du Groupe Communiste sur la liste de dates des dimanches ouvrés pour l’année 2018 que vous nous soumettez après consultation des 41 Fédérations professionnelles parisiennes et des partenaires sociaux, je souhaiterais faire quelques remarques préliminaires.

Je note, en premier lieu, que parmi les retours que la Ville a reçu des différents syndicats de salariés, on ne peut pas dire qu’il y ait eu unanimité à l’ouverture dominicale. Au moins deux branches : « alimentation générale » et « antiquités-brocantes » se sont déclarées en désaccord avec le calendrier de dates proposées en demandant moins de dimanches ouverts.

C’est là le signe d’un déséquilibre manifeste et d’une divergence d’intérêts évidente entre salariés et employeurs sur cette question du travail du dimanche. Nous sommes loin de la solution négociée, du consensus bien compris et du « gagnant/gagnant ».
Rappelons qu’il existe encore un code du travail, une législation commune et des conventions collectives. Le travail du dimanche y est proscrit et le jour de repos dominical sanctuarisé. Il existe bien des dérogations pour certains cas elles ne peuvent revêtir qu’un caractère exceptionnel et être strictement encadrées par la loi.
En effet, ce jour de repos identique pour tous n’est pas qu’un archaïsme dépassé c’est une conquête sociale. Les personnes ne sont pas réductibles à leur seule valeur économique, productive.
C’est pour toutes ces raisons que le Groupe communiste a déposé un amendement qui s’appuie sur le rapport de la MIE et propose à l’ensemble des fédérations professionnelles de choisir 7 dimanches travaillés sur l’année 2018.

On parle, on reparle, on vote, on revote mais qu’en est-il de l’Observatoire des ZTI qui devait être mis en place pour évaluer leur impact ? Quels sont les chiffres réels au-delà des déclarations fracassantes de certains sur l’essor extraordinaire du commerce le dimanche et l’explosion de la fréquentation de ces ZTI ? Quels chiffres d’affaire sur une période significative et pas simplement sur la fréquentation du week-end ? Quelle Création réelle de nouveaux emplois ? Quelles conséquences sur le commerce de proximité ? Réalité des compensations financières pour les salariés ? Sans oublier une approche plus qualitative sur les conséquences personnelle et familiale.

Les tenants de l’ouverture nous disent aussi que la législation en vigueur à Paris sur cette question nous singularise vis-à-vis des autres métropoles mondiales, ce qui dans leur esprit nous dessert. A ceux-là nous répondrons en citant, Madame la Maire, vos propos en septembre 2015 : « Paris, grâce à son patrimoine culturel, son organisation sociale et sa politique offensive en faveur du commerce de proximité, a su jusqu’à présent maintenir son identité propre et sa spécificité. L’indifférenciation et la standardisation des grandes villes-mondes n’est pas le projet que je porte pour Paris ».

On ne saurait mieux dire et nous faisons nôtre cette déclaration dans son intégralité.

L’avenir de notre ville n’est pas d’en faire une « zone touristique d’affluence exceptionnelle » entièrement dédiée à la consommation comme le demande l’opposition, reprenant en cela la revendication conjointe du MEDEF et de la CCI.

Je terminerai par un argument particulièrement fallacieux brandi par les adeptes du dimanche travaillé sans restrictions : celui de l’égalité. En effet, ce serait un gage d’égalité, selon eux, d’étendre cette dérogation à tous les commerces et à tout le périmètre parisien. C’est refuser de voir le « risque de distorsion de concurrence » comme le met en garde la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), dans le rapport de la MIE, c’est méconnaître la réalité économique, les disparités et le rapport de force entre des acteurs qui n’ont ni les mêmes moyens, ni le même poids économique, ni la même surface financière. Des renards libres et des poules libres, cela s’appelle la loi de la jungle…ou le libéralisme. Le rôle de la loi est justement de réguler et de compenser cette inégalité.

Vous l’aurez compris nous maintenons avec constance notre position pour 7 Dimanche.

Je vous remercie

Publié le

11 décembre 2017

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