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Le projet PCF "Paris pour tous"

2014 : Une échéance cruciale pour les Parisien-ne-s

Les forces en présence

Les élections municipales de mars 2014 se rapprochent, cruciales pour l’avenir de notre ville et de la métropole. Les six prochaines années sont capitales pour l’évolution de Paris en ce début de vingt-et-unième siècle. D’ores et déjà, les forces s’organisent.

La droite affûte ses armes : elle n’a pas renoncé à faire main basse sur Paris, malgré le souvenir désastreux qu’elle a laissé aux Parisiennes et aux Parisiens et ses cuisants échecs de 2001 et de 2008. Écartée de la gestion de la Ville depuis 13 ans, elle fait de sa reconquête une cible prioritaire. Dans ce but, elle tente de se donner une image rénovée. Mais cette tentative ne peut en aucun cas faire illusion : depuis 2001, l’UMP s’est systématiquement opposée à la production de logements sociaux, notamment dans les arrondissements cossus de l’ouest parisien ; elle a contesté l’augmentation des dépenses de solidarité ; elle a montré le visage d’une opposition d’abord soucieuse de faire de Paris un ghetto de riches, une citadelle de privilégiés, une Cité interdite au plus grand nombre. Pour toutes ces raisons, il est essentiel de lui faire barrage.

Après deux mandatures de gauche qui ont permis d’importantes avancées pour les Parisiennes et les Parisiens, l’heure est venue d’engager une nouvelle étape des politiques municipales. Pourtant, à gauche, d’importantes contradictions se font jour. Jusqu’en mai 2012, la municipalité a vu ses efforts régulièrement entravés par le gouvernement. La victoire de François Hollande à l’élection présidentielle aurait dû nous permettre de lever ces obstacles et d’engager des politiques municipales plus ambitieuses. Force est de constater que ce n’est pas le cas : en poursuivant le choix de l’austérité et en serrant la vis aux collectivités locales, le gouvernement n’a pas permis que cette dynamique s’engage. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2012 et 2013, les dotations de l’État à notre collectivité ont baissé de 20 millions d’euros. En 2014 et 2015, ce mouvement va s’accélérer. Paris va contribuer de façon nettement plus conséquente aux mécanismes de péréquations financières entre collectivités. Cette logique de diminution doit être inversée, avec l’affectation de nouvelles recettes. C’est autant d’argent en moins pour répondre aux besoins des habitants. Dans ces conditions, pour améliorer le quotidien des Parisiennes et des Parisiens, pour conquérir de nouveaux services publics, il faudra impérativement que la future majorité municipale ait le courage de refuser les logiques d’austérité appliquées à l’échelle nationale et européenne.

Depuis 2001, des avancées qui doivent beaucoup au PCF et au Front de Gauche

Dans notre ville, la gauche ne part pas de rien. Depuis 2001, nous avons fait avancer notre ville sur la voie du progrès et de la justice sociale. Les élu-e-s communistes et du Front de Gauche, au sein de la majorité municipale de Bertrand Delanoë, ont largement pris part à ce bilan. Aucune des grandes avancées obtenues à Paris depuis la victoire de la gauche n’aurait été possible sans la contribution active de nos élu-e-s. Nous l’avons fait en fixant un cap pour Paris, celui d’une ville pour tou-te-s, engagée contre la spéculation immobilière, mobilisée pour la conquête de nouveaux services publics. C’est au nom de cette conception de la ville que nous avons bataillé pour obtenir la production de 70 000 nouveaux logements sociaux. Ils ont permis à 200.000 Parisiennes et Parisiens de s’installer ou de continuer à vivre dans la capitale. Lors du vote de chaque budget, nous avons arraché des crédits supplémentaires pour le logement social, en particulier pour le compte foncier afin d’acheter des terrains ou des immeubles dans des quartiers qui manquent de logements accessibles. Sans notre mobilisation, la ville n’aurait pas atteint dès 2014 le seuil des 20% de logements sociaux fixé par loi SRU.

Portés par nos convictions et notre vision de la ville, nous avons croisé le fer pour réaliser la remunicipalisation de la distribution de l’eau, que nos élu-e-s réclamaient sans discontinuer depuis le début des années 80. Bien commun de l’humanité, l’eau de la capitale échappe désormais à l’emprise des grandes multinationales, avides de profit et indifférentes aux enjeux environnementaux. Pendant les années de gestion privée, la facture de l’eau avait connu une augmentation de plus de 450 % au mètre cube. Depuis la remunicipalisation, les prix ont enfin baissé.

En matière de services publics, nous avons aussi obtenu l’augmentation sensible du nombre de places en crèches. Entre 2001 et 2014, ce sont plus de 10.000 places d’accueil pour la petite enfance qui ont été créées. Cette avancée doit beaucoup à l’engagement de nos élu-e-s, mobilisés pour que des réponses adaptées soient apportées aux besoins des familles. De même, c’est notre groupe qui a obtenu la revalorisation de l’aide au logement pour les familles monoparentales, premières victimes de la crise économique et sociale. Dans toutes nos propositions, toutes nos interventions, nous avons été animés par ce seul objectif : faire de notre collectivité un bouclier social face à la crise et rendre notre ville accessible au plus grand nombre dans un contexte marqué par l’envolée des prix de l’immobilier.

Vers une nouvelle étape des politiques municipales

Nous voulons que le prochain mandat soit l’occasion d’engager une nouvelle dynamique de solidarité et de progrès et de culture pour les Parisiennes et les Parisiens. Les habitants de notre ville ont montré à de nombreuses reprises qu’ils comptent sur les élu-e-s communistes et du Front de Gauche pour porter leurs espoirs et leurs exigences. Ils l’ont fait lors de la dernière élection présidentielle, en nous confiant plus de 110 000 voix. Ils l’ont redit deux mois plus tard lors des élections législatives, en faisant de nous la deuxième force politique de gauche dans la capitale. Cette force-là, nous voulons la mettre au service des Parisiennes et des Parisiens. C’est tout l’objet de ce projet.

Rendre Paris moins cher

Les Parisien-ne-s victimes de la bulle immobilière

Depuis plusieurs années, à lire les différents sondages et les enquêtes d’opinion, les habitants et les visiteurs s’accordent sur un point : notre ville coûte cher. Trop cher. « Comment peut-on se permettre d’être Parisien ? » se demanderait un Persan de Montesquieu, aujourd’hui. Gageons que de nombreux Parisien-ne-s ne sauraient trop comment lui répondre. Car Paris, malgré les efforts déployés par notre municipalité depuis 2001, est une ville objectivement hors de prix, qui décourage un grand nombre de ses habitants. Alors que depuis le tournant du siècle, toutes les grandes villes européennes ont consécutivement connu des hausses, des ajustements puis des baisses de leurs marchés immobiliers, Paris fait face à une escalade continue de ses prix au mètre carré. Prix à la vente, loyers, charges n’ont cessé d’augmenter. Qu’il s’agisse d’acheter ou de louer un nouvel appartement, les Parisien-ne-s rognent sur leur pouvoir d’achat. Ce constat n’est ni logique, ni sain. Depuis plus de quinze ans, il s’agit bel et bien d’une escalade insupportable.

Il y a dix ans, à l’achat, le mètre carré moyen flirtait à peine avec les 3500 euros. Aujourd’hui, il dépasse la barre des 8500 euros. Dans certains arrondissements, il culmine à 11 000, 12 000 euros. Dans les quartiers les plus populaires du nord et de l’est, il a été au moins multiplié par deux, trois, voire quatre ! Les familles parisiennes sont-elles aujourd’hui deux ou trois fois plus riches ? Non, bien entendu. Et la situation des locataires n’est pas plus enviable. Pour un même taux d’effort (en tenant compte, donc, de l’évolution des salaires), un locataire parisien perd un mètre carré par an depuis dix ans. En quelques années donc, et en dépit de la progression (toute relative) de ses revenus, il vient de perdre une pièce. Comment s’étonner alors qu’il soit si difficile de se loger à Paris ?

Salaires trop bas

A ce constat, il convient d’en ajouter un second qui pèse lui aussi sur le pouvoir d’achat des Parisiennes et des Parisiens : non seulement notre Ville est l’une des plus chères au monde, mais ses habitants sont, toutes proportions gardées, ceux qui en ont le moins les moyens. Tous les deux ans, l’Union des Banques Suisses publie une étude comparée des coûts et des revenus dans soixante-dix villes réparties sur toute planète : les derniers résultats sont particulièrement inquiétants pour Paris. Non seulement le coût de la vie y est remarquablement élevé, mais les revenus de ses habitants sont à la traîne. Et la tendance est loin de s’inverser. Un habitant de Nicosie a aujourd’hui plus de pouvoir d’achat qu’un Parisien. Le kilo de riz est moins cher pour le portefeuille d’un habitant de Rio de Janeiro que de Paris. Certes, Londres, Copenhague, New York sont des villes chères – mais les revenus de leurs habitants sont incomparables. Cet écart entre le niveau des prix et la faiblesse des salaires explique que notre ville soit de moins en moins accessible aux employés, aux ouvriers, aux petits cadres, aux retraités ou aux précaires.

Nous ne voulons pas d’un grand Neuilly

Si on laisse faire le marché, on fait courir à notre ville le risque d’une normalisation par l’exclusion. D’une fuite des familles et des habitants au seul profit des plus riches. D’une ville muséifiée, chloroformée, d’un grand Neuilly. D’une ville envahie par les résidences secondaires (dont le nombre a été multiplié par trois depuis les années 80). Dans cette ville devenue inabordable pour des milliers de Parisiens, l’une des plus attractives et l’une des plus petites d’Europe, un logement sur dix est aujourd’hui très peu, voire pas du tout occupé par ses propriétaires. Logements vacants, locations saisonnières (parfois une semaine par an), résidences secondaires : on parle ici de 150.000 logements au moins. Cette situation n’est pas acceptable.

Notre objectif pour les années qui viennent : rendre la ville moins chère aux Parisiennes et aux Parisiens. Cette envolée des prix de l’immobilier est un danger pour l’écrasante majorité d’entre nous. Elle est douloureuse pour ceux qui vivent dans des conditions de logements indignes. Elle est pénalisante pour les familles qui doivent se serrer dans un logement trop petit qui leur coûte bien trop cher. Elle est dommageable pour le développement économique de notre ville. Combien de petits commerces ferment parce que les baux sont trop élevés ? S’il y a donc une question à traiter en priorité à l’occasion de cette campagne municipale et dans le prochain mandat, c’est celle-ci. La première préoccupation des Parisiennes et des Parisiens sera notre obsession. Car au Front de Gauche, nous sommes convaincus que l’action publique peut permettre d’enrayer cette spirale spéculative, et qu’il est possible d’agir pour rendre Paris économiquement accessible en matière du logement comme dans tous les domaines de la vie quotidienne. Il n’y a pas de fatalité. Il n’y a pas de dynamique inéluctable dont nous ne pourrions venir à bout. Tout est question de volonté politique. Cette volonté, nous l’avons.

Notre réponse : l’Humain d’abord, à Paris

Un plan de bataille contre la spéculation immobilière

Rendre notre ville accessible, cela suppose agir sur la première source de dépense des Parisiens, celle qui a le plus augmenté ces dernières années : le logement. Depuis 2001, les efforts ont été conséquents. Mais dans le même temps, les ravages de la spéculation immobilière ont atteint des sommets. Les démarches constantes des élus communistes et du Front de Gauche n’ont de sens que si nous les amplifions. C’est pourquoi, nous voulons mettre en œuvre un véritable plan de bataille contre la spéculation immobilière : il faut lui briser les reins, casser cette spirale. Il n’y a pas de place, dans une telle perspective, pour la demi-mesure. On ne fera pas fondre la bulle immobilière sous un filet d’eau tiède. Ce que nous proposons, c’est une mobilisation tous azimuts, en prenant exemple sur des expériences déjà en cours dans d’autres communes et qui ont été couronnées de succès. Ce qui est possible à Saint-Ouen ou Bagneux doit être possible à Paris. Il convient pour cela d’agir sur tous les leviers.

Le logement social, évidemment : le seuil des 20% fixé par la loi SRU ne doit pas être un maximum, mais un seuil. Il a vocation à être très largement dépassé. Nous ambitionnons 30 % de logement social en 2030. Un chiffre qui correspondrait bien davantage à la situation inédite et exceptionnelle que vit Paris aujourd’hui. Amsterdam en a encore davantage – pourquoi serions-nous plus timides ? Les Parisiens souffrent d’une pénurie de logements abordables autrement plus considérable. Dans le 7e, le 8e ou le 16e arrondissement, nous stagnons encore à moins de 5 % de logement social.

Mais la mobilisation contre la spéculation concerne aussi le secteur privé, ce qui suppose franchir un pas considérable : Il est temps d’agir efficacement sur les prix de l’immobilier. Car il n’est pas supportable, pas acceptable que dans notre ville des appartements neufs soient mis en vente à 13 000, 14 000 ou 15 000 euros du mètre carré. Comme dans plusieurs villes de banlieue, nous proposons une Charte Promoteurs pour limiter les prix. En matière de location par ailleurs, la régulation des loyers doit aller bien au-delà des mesures prises par la Ministre du Logement dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles ne sont pas au niveau et qu’elles peuvent même engendrer des effets pervers dans certains cas : non seulement le plafond fixé par la loi ne réduira les loyers qu’à la marge, mais il pourrait surtout conduire à une augmentation des prix dans certains cas.

Un développement sans précédent des services publics

Rendre Paris accessible au plus grand nombre, c’est agir en matière de logement mais pas uniquement. Cela nécessite aussi un développement sans précédent des services et des équipements publics. On dit souvent que le service public est le patrimoine de ceux qui n’ont rien. Rien n’est plus vrai, a fortiori dans une ville comme la nôtre, où le prix de l’immobilier grève déjà beaucoup le budget des ménages. C’est vital aussi au moment où la crise économique et sociale fragilise un très grand nombre d’habitants. Quel meilleur bouclier social que le développement du service public ? Il permet justement d’expérimenter d’autres voies, d’échapper aux logiques de l’argent roi et du profit. Soutenir le service public, c’est donner sa chance à un autre mode de développement, durable et solidaire.

La promotion des services et des équipements publics doit être une priorité des six prochaines années. Notre collectivité doit accomplir sa tâche en prenant en compte une réalité particulière qui nous distingue de la plupart des capitales européennes : Paris est une toute petite ville. Intra-muros, la ville est six fois moins étendue que Madrid, huit fois moins que Berlin et dix-sept fois moins que Londres. La surface de Paris est deux fois moins importante que celle de Marseille. S’il faut penser, comme le capitalisme le pense, que la cherté est proportionnelle à la rareté et à la demande, c’est très logiquement que le mètre carré parisien atteint des sommets. Aux yeux d’un spéculateur immobilier, c’est une promesse. Aux yeux des Parisiens, une menace constante. C’est dire que, pour créer de nouveaux équipements publics, il nous faudra saisir toutes les opportunités foncières pour acquérir de nouvelles parcelles. Il faut les dérober à l’emprise de la spéculation immobilière. Le choix est clair : soit les promoteurs font main basse sur ces derniers territoires disponibles, soit la Ville fait valoir l’intérêt général. Plus les années passeront, plus ces opportunités s’amenuiseront. Nous sommes engagés dans une course contre la montre. C’est donc maintenant ou jamais.

Paris, pôle de résistance aux politiques d’austérité

En proposant d’agir face à la spéculation immobilière et d’aller à la conquête de nouveaux services publics, nous préconisons une politique qui va à rebours des orientations aujourd’hui mises en œuvre à l’échelle nationale. Ces politiques d’austérité sont en réalité doublement désastreuses. Elles pèsent d’abord sur la vie quotidienne des habitants de notre ville puisqu’elles se traduisent par une dégradation des services publics d’Etat. La casse de l’hôpital public, à l’Hôtel-Dieu ou à Bichat, qui se poursuit malgré le changement de majorité intervenu en 2012 en témoigne de manière exemplaire. Dans le même temps, le choix de baisser la dépense publique conduit également à une diminution drastique des crédits attribués par l’Etat aux collectivités locales. Et cette baisse intervient à l’heure où, pour faire face à la crise économique et sociale, les habitants ont plus que jamais besoin de services publics de proximité. Il est donc clair, par conséquent, qu’une politique de gauche digne de ce nom, à Paris, devra s’inscrire en faux contre ces logiques. Il s’agit, pour nous, de faire de notre ville, un pôle de résistance aux politiques d’austérité. Nous ne considérons pas que la baisse de la dépense publique, à Paris comme ailleurs, soit un objectif louable. Nous ne pensons pas que la diminution de la « masse salariale » soit être l’Alpha et l’Omega d’une politique de ressources humaines. Nous constatons, au contraire, que le service public, y compris à Paris, souffre d’un manque de personnels. Il faudra donc, dans la mandature qui vient, avoir le courage de rompre avec le dogme de la « stabilité des effectifs » et embaucher autant de personnels que nécessaire afin de permettre aux services publics de vivre et de se développer.

Paris doit donc prendre la tête du combat contre les politiques d’austérité qui enfoncent la France et l’Europe chaque jour davantage dans la crise économique et sociale. Parce nous sommes Paris, parce que notre ville est la capitale de la France, nous sommes investis d’une responsabilité particulière. Ce qui se fait à Paris résonne toujours au-delà des frontières du périphérique. Si Paris monte au front contre l’austérité, toutes celles et tous ceux qui résistent déjà ailleurs à ces politiques se sentiront renforcés. C’est le chemin de l’espoir. C’est celui que notre ville et notre métropole doivent emprunter.

Un Grand Paris de la démocratie et de la solidarité

Le destin de Paris et de sa banlieue est indissociable. Les pratiques des habitants, leurs déplacements, leurs parcours de vie dépassent les frontières administratives et réinventent la ville. Il est désormais impossible d’envisager des enjeux aussi décisifs que ceux du logement, des services publics, des transports, de l’environnement uniquement à l’échelle de Paris : Paris est une ville en réseau, une ville dans la métropole.

L’enjeu métropolitain est donc crucial. A la fois reflet d’un capitalisme mondialisé et véritable bouleversement de civilisation. A la fois accélération considérable des phénomènes urbains, des interdépendances, de la concentration des créations de richesse, et facteur d’une aggravation dramatique des inégalités, des ségrégations, des relégations.

Toutes les métropoles du monde se construisent selon une même logique : celle de l’exclusion. Les territoires relégués, où se cumulent difficultés économiques, sociales et environnementales côtoient des « ghettos de riches » qui protègent leur entre-soi. Toute l’agglomération en souffre. Aux métropoles pour les élites, nous opposons une métropole solidaire pour toutes et tous, une altermétropole : un Grand Paris de la démocratie et de la solidarité.

Trop longtemps, les relations entre Paris et sa banlieue ont été marquées par des rapports de domination. Une grande partie de la banlieue parisienne a été marquée par cette histoire, réduite à accueillir des équipements, des populations ou des infrastructures dont Paris ne voulait pas. Trop souvent, Paris a conçu son développement non pas en coopération avec la banlieue, mais dans l’annexion de la périphérie par le centre. Ces logiques ont nourri une défiance entre la banlieue et la capitale.

Avec la création, en 2006, de la Conférence métropolitaine, lieu d’échanges et de dialogue entre les maires de la métropole, qui a donné naissance en 2009 à Paris Métropole, Paris a amorcé un changement de cap. Le projet gouvernemental de « Métropole du Grand Paris » nous ramène en arrière : imposé par le haut, contre l’avis d’une très grande partie de la population francilienne et de ses représentants, il rompt avec la logique de coopération et de dialogue au profit d’une réorganisation autoritaire aussi inefficace qu’antidémocratique.

Paris a une place particulière dans la métropole francilienne. Elle doit prendre toute sa part dans la réponse aux grands enjeux métropolitains : construction de logements et notamment sociaux, développement des services publics, solidarité financière entre les territoires. Mais sa responsabilité va bien au-delà : Paris doit s’engager résolument pour une nouvelle donne métropolitaine en coopération avec ses voisins et, surtout, avec les citoyens. Paris est faible quand elle croit pouvoir imposer, elle est forte quand elle donne toute sa place au dialogue et à l’intervention des citoyens. Le projet métropolitain doit être celui d’une métropole solidaire, écologique et démocratique.

Une ville ouverte sur le monde et internationaliste

Nous voulons approfondir les relations de solidarité développées par la Ville de Paris par la construction de coopérations qui contribuent à apporter des solutions communes face à la crise actuelle. Notre démarche se fonde sur la souveraineté des peuples et une coopération mutuellement avantageuse. Les élu-es locaux ont un rôle à jouer pour la construction d’une citoyenneté mondiale, rassemblant les différences culturelles et porteuse de lien social au niveau local entre les parisien-ne-s dans toute leur diversité.

La Ville de Paris peut construire, tout au long de la mandature et au delà, de nouveaux liens d’amitié et de coopération avec des villes souhaitant travailler avec nous aux convergences de luttes et de projets locaux portant l’ambition d’une société solidaire, ouverte, pacifiste et internationaliste. Elle peut renforcer son engagement dans les réseaux d’éducation à la paix et au développement ainsi que les mobilisations en faveur des droits de l’homme, des libertés et engager de grandes campagnes de solidarité.

Ces valeurs qui sont au cœur de notre engagement impliquent notre mobilisation pour la protection de toutes celles et ceux qui sont menacés d’expulsion parce que leur situation administrative n’est pas régulière. Nous refusons que celles et ceux qui participent à la richesse de Paris par leur travail soient ainsi menacés. Nous refusons que les enfants, les jeunes majeurs et les étudiants suivent leur scolarité la peur au ventre de se faire contrôler en allant au lycée ou à l’université, ou de voir leur famille brisée par l’expulsion d’un de leurs parents.

Dans les pages qui suivent, nous faisons 75 propositions, déclinées en 10 grandes priorités pour notre Ville. Ces propositions sont nées des échanges que les élus communistes et du Front de Gauche ont depuis 2008 avec les Parisiennes et les Parisiens, les associations, les syndicats, et toutes celles et tous ceux qui se mobilisent pour l’intérêt général. Nous voulons placer ces propositions au cœur des engagements de la majorité municipale qui sera issue des urnes. Et, parce que ne sont pas des combats d’un jour ou d’une campagne, nous les porterons au Conseil de Paris au cours des six années qui viennent. Ces solutions, nous souhaitons continuer à les construire avec vous.

Enrichissez-les et faites les vivre. Paris vous appartient.